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Mort de 12 détenus au Burkina Faso: le président Kaboré promet des décisions «sans état d’âme»

Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré (photo d'illustration).
Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré (photo d'illustration). ©SIA KAMBOU/AFP
Texte par : RFI Suivre
3 min

Au Burkina Faso, quelques semaines après la mort de 12 personnes à Tanwalbougou, dans un poste de gendarmerie, le chef de l'État s'est exprimé sur le sujet à la sortie d'un conseil de Défense.

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« C’est une situation que nous avons jugée inacceptable », a déclaré Roch Marc Christian Kaboré, à l’issue d'un conseil supérieur de la Défense, samedi 23 mai. Le président du Burkina a expliqué que des enquêtes judiciaire et administrative étaient en cours et qu’il espèrait avoir les résultats sur la base desquels des décisions seraient prises sans « état d’âme ».

Cette sortie du président Kaboré fait suite aux déclarations des familles des victimes qui accusent les forces de défense et de sécurité d’avoir exécuté, d’une balle dans la tête, une partie des personnes interpellées le 11 mai dernier à Tanwalbougou, dans l’est du Burkina Faso.

« Nous avons un devoir, chaque fois que nous prenons des hommes, de pouvoir faire le tri entre le bon grain et l'ivraie », a souligné le chef de l’État.

Éviter le repli identitaire

Le président burkinabè a également demandé à ses compatriotes d’éviter le repli identitaire et la stigmatisation. Selon Roch Marc Christian Kaboré, ce sont deux questions que les Burkinabè doivent savoir résoudre avec « tout le tact et toute l’intelligence nécessaire » pour assurer le vivre-ensemble. « La stigmatisation est un mal dont nous devons nous départir », a-t-il martelé.

 ► À lire aussi : Burkina: la polémique enfle sur la mort suspecte de 12 personnes en garde à vue


  • Les ONG attendent des actions

Des proches et des ONG ont depuis dénoncé des exécutions extrajudiciaires. Roch Marc Christian Kaboré promet que des décisions « sans état d’âme » seront prises, à l’issue des enquêtes actuellement en cours. Daouda Diallo est le porte-parole du CISC, le Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés. Il salue les propos du chef de l’Etat, mais attend des actions concrètes.

Nous souhaitons également que le président joigne l’acte à la parole. Parce que cela fait le énième discours, sans que cela soit suivi d’actions concrètes sur le terrain pour démontrer que la parole du président est suivie et respectée comme il se doit. Nous souhaiterions que le président fasse diligenter une enquête indépendante. Pas une enquête qui implique certains éléments qui sont déjà impliqués sur la chaîne du crime. Deuxièmement, nous souhaitons que le président travaille à suspendre tous ceux qui sont suspectés actuellement et qui seraient impliqués dans ces crimes où ces massacres qui ont été commis. Nous souhaitons également que les fautifs soient identifiés, démasqués à l’issue de l’enquête, pour être sanctionnés. Parce que certains éléments des forces armées nationales doivent comprendre qu’ils ne doivent pas tacheter le mandat du président Roch Kaboré de sang Ce n’est pas intéressant pour un pouvoir, ce n’est pas intéressant pour nous le public.

Daouda Diallo, porte-parole du Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés

 

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