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Elections au Burundi: le CNL se prépare à porter plainte devant la Cour constitutionnel

Le leader du CNL, Agathon Rwasa, dans un bureau de vote de Ngozi au Burundi le 20 mai 2020.
Le leader du CNL, Agathon Rwasa, dans un bureau de vote de Ngozi au Burundi le 20 mai 2020. REUTERS/Clovis Guy Siboniyo
Texte par : RFI Suivre
3 min

La Céni va proclamer ce lundi les résultats provisoires du triple scrutin du 20 mai. Une cérémonie solennelle prévue dans un grand de hôtel de Bujumbura pour l'annonce des résultats de la présidentielle et des législatives. Les résultats des communales seront quant à eux proclamés au niveau des commissions des provinces. Aucune surprise à attendre, le parti au pouvoir qui contrôle d'une main fer le pays devrait arriver en tête. Le principal parti d'opposition qui dénonce des « fraudes massives » se prépare à porter plainte.

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Aucun suspens n'est attendu ce lundi après-midi. Le général Evariste Ndayishimiye, candidat du parti du pouvoir est en passe de remporter une victoire écrasante. Il est souvent en tête avec une très large avance dans 113 sur les 119 communes du pays, selon les résultats très contestés rendus publics jusqu’ici.
Son principal challenger Agathon Rwasa perd de nombreux fiefs historiques, selon les chiffres des démembrements de la Céni, qui ne lui accorde qu’une victoire étriquée dans les six communes qui restent, et il dénonce « un hold-up électoral ».

« Votes multiples, utilisation abusive de procuration, bourrages d’urne ou encore falsification de PV », son parti pointe « des fraudes massives » facilitées par une chasse à l’homme qui a visé essentiellement ses mandataires et cadres. Plus de 200 d'entre eux ont été arrêtés arbitrairement le jour du triple scrutin, et de nombreux autres chassés des bureaux de vote au moment crucial du dépouillement, accuse le CNL.

L’opposant pointe surtout une falsification des procès-verbaux. Depuis, une guerre secrète autour de ces PV semble s’être engagée entre le parti au pouvoir et le parti d’Agathon Rwasa. Le parti d’opposition essaye de réunir le plus de ces PV pour les verser dans son dossier de plainte. Les autorités burundaises semblent mettre tout en oeuvre pour l’en empêcher. Au moins trois mandataires du CNL qui rapportaient des PV à leur quartier général à Bujumbura ont été arrêtés par la police au cours des deux derniers jours et les documents saisis. Le CNL assure néanmoins qu’il a pour l’instant réuni au moins 50% de ces PV.

Ce parti a trois jours pour déposer sa plainte devant la Cour constitutionnelle après la proclamation des résultats provisoires, et la Cour aura huit jours au plus pour trancher.

Imperturbable, le parti au pouvoir qui n’a pas daigné répondre à toutes ces accusations, a déjà prévu trois jours d’action de grâce fin mai officiellement pour remercier Dieu pour lui avoir accordé ce qu’il avait promis pour ce mois de mai.

►A lire aussi : Élections 2020: le Burundi à la veille d’un changement?

Seul le responsable de la communication présidentielle, Willy Nyamitwe, a réagi jusqu’ici. « Les élections se bien déroulées et les gagnants sont connus », s’est-il réjouit dans un tweet, en qualifiant d’« irresponsable » le rejet des résultats par Agathon Rwasa.

Place donc tout à l’heure à la proclamation des élections. Dans une ville de Bujumbura, il ne faudrait pas s’attendre à de grands débordements de joie.
« Les gens n’ont pas le moral », explique un cadre de banque qui vit dans cette ville acquise à l’opposition, alors que le parti au pouvoir a appelé ses militants à rester calmes et à éviter toute provocation.

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