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Les Congolais s'interrogent sur la mort soudaine du juge chargé de l'affaire Kamerhe

Vital Kamerhe a géré le programme d'urgence des 100 premiers jours dans lequel il y a des soupçons de corruption.
Vital Kamerhe a géré le programme d'urgence des 100 premiers jours dans lequel il y a des soupçons de corruption. REUTERS/Baz Ratner
Texte par : RFI Suivre
3 min

Raphael Yanyi, le président du tribunal de grande instance de Kinshasa, est mort brusquement et mystérieusement dans la nuit de mardi à mercredi à Kinshasa. Ce décès du magistrat en charge du procès Vital Kamerhe, directeur de cabinet du président Tshisekedi, a surpris tout le monde en RDC.

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Avec notre correspondant à Kinshasa, Patient Ligodi

D’après ses proches, il avait commencé sa journée normalement, mais c’est vers 16 heures que les premiers signes de faiblesse ont été constatés. Son état de santé s’est dégradé davantage dans la soirée. Raphael Yanyi a été transféré à l’hôpital vers 21 heures où son décès a été constaté. Est-ce qu’il y aura une autopsie ? C’est en tout cas la demande d’une partie de la famille, mais aucune décision n’a encore été prise.

Une demande qui est également reprise par certaines organisations de défense de droits de l’homme comme l’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ). Son président, George Kapiamba, insiste même sur le fait que les échantillons devraient être envoyés dans un laboratoire spécialisé à l’étranger.

Après l’annonce de sa mort, la situation était tendue autour de la résidence du juge. Des jeunes s’étaient mobilisés ce matin. Des barricades avaient été placées avant que la police ne se déploie et fasse usage de gaz lacrymogènes pour disperser la dizaine de manifestants.

Sur les réseaux sociaux aussi, c’est l’emballement. Chacun y va de son commentaire. On retient par exemple l’appel du mouvement citoyen Lucha qui demande que toute la lumière soit faite sur ce cas de décès. Il y a aussi l’appel de Hervé Diakese, avocat et activiste membre du mouvement Le Congolais debout qui déclare : « Honorer sa mémoire c’est aussi poursuivre sans désemparer toutes ces actions judiciaires autour du "programme des 100 jours" ».

Pas de changement au niveau procédural pour l’affaire

La première conséquence de ce décès va être la désignation d’un nouveau juge. D’après les sources judiciaires, lorsqu’un membre de la composition est décédé, le président du tribunal désigne un nouveau juge. Dans un deuxième temps, l’ensemble des procès-verbaux des deux audiences qui avaient eu lieu dans cette affaire vont être relus.

 ► À lire aussi : Reprise du procès de Vital Kamerhe jugé pour détournement de fonds présumé

L’autre question est de savoir qui sera le juge président dans l’affaire. Si celui qui entre a la même ancienneté que celui qui est décédé, le nouveau juge deviendra le juge président, mais c’est assez rare. L’hypothèse la plus plausible serait de prendre le plus gradé des deux juges. A priori, au sens procédural, il n’y aura pas d’incidence sur la suite du procès, mais au niveau psychologique, perdre le juge président quand on sait que la précédente audience était tendue, pourrait laisser des traces.

La prochaine audience dans cette affaire est fixée pour le 3 juin, et elle reprendra non pas l’instruction mais les débats.

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