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Coronavirus: l'Afrique face à la pandémie le jeudi 28 mai

Un agent sanitaire désinfecte une salle de classe d'une école élémentaire d'Ivory Park en Afrique du Sud le 28 mai 2020.
Un agent sanitaire désinfecte une salle de classe d'une école élémentaire d'Ivory Park en Afrique du Sud le 28 mai 2020. REUTERS/Siphiwe Sibeko
Texte par : RFI Suivre
8 min

Selon le CDC, le Centre de prévention des maladies de l’Union africaine, le continent recensait ce samedi 124 482 cas de Covid-19, et 3 696 décès dus à la maladie. L’Afrique du Sud et l’Egypte sont toujours les deux plays les plus touchés par la pandémie.

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  • Début des essais cliniques pour le Covid-Organics du président malgache

À Madagascar, le président de la République malgache a annoncé le démarrage des essais cliniques d’une solution injectable « à base d’artemisia » pour soigner les personnes atteintes du Covid-19. Des essais pratiqués dans les hôpitaux de la ville portuaire ainsi que dans ceux de la capitale, « avec l’aval du comité scientifique malgache et de l’Organisation mondiale de la Santé ». Cette annonce, largement reprise dans les médias, a toutefois été tempérée et contredite, mercredi par la présidence elle-même. De son côté, l’OMS se défend d’une quelconque validation.

  • Le Sénégal décide de poursuivre les traitements à l’hydroxychloroquine

L’utilisation du médicament contre le Covid-19 est devenue de plus en plus controversée, à la suite de l’étude de la revue britannique The Lancet, qui pointe les risques cardiaques, ou encore de la suspension des essais cliniques supervisés par l’Organisation mondiale de la santé. Dakar persiste et signe : les médecins continueront d’utiliser la molécule. Elle permet la guérison plus rapide des patients d’après les autorités médicales et les responsables de la prise en charge.

Aucun mort lié à l’utilisation de l’hydroxychloroquine : tel est le principal constat du professeur Moussa Seydi, qui a décidé de poursuivre l’utilisation de la molécule pour ses patients et ceux de tout le pays. Constat partagé par son confrère le docteur Cheikh Sokhna de l’Institut de recherche pour le développement et proche de l’infectiologue français Didier Raoult.

Malgré l'OMS et les études, le pays continue à miser sur la chloroquine

La décision finale de poursuivre dans la durée le traitement revient au comité scientifique national, qui se prononcera dans les prochains jours.

  • Six provinces de RDC affectées

La pandémie de la Covid-19 continue à se répandre en RDC. Kinshasa reste la province la plus touchée, mais Gombe, le centre des affaires de la capitale n’est plus l’épicentre de l’épidémie qui s’étend sur d’autres communes. Six autres provinces du pays ont également enregistré des cas.

À Kinshasa, la zone de santé de Kokolo enregistre désormais le plus grand nombre de cas de coronavirus de la capitale. Avec 273 malades recensés. Il s’agit pour la plupart de cas des détenus de la prison militaire de Ndolo. Au regard des statistiques, les quartiers populaires semblent encore épargnés, contrairement aux communes de Lemba, Limete ou encore Ngaliema.

L’épidémie commence également à toucher le reste du pays. Après la capitale, la province voisine du Kongo central est la deuxième la plus affectée avec environ 200 cas des contaminations, qui selon les sources du ministère de la Santé, viendraient de Kinshasa. Il y a aussi le Nord-Kivu et ses 35 cas. Dans cette province, les premiers malades seraient venus des pays voisins, le Kenya et l’Ouganda. La ville de Goma, ainsi que les agglomérations de Kiwanja et de Rutshuru-centre sont désormais isolés pour 14 jours. Le Sud-Kivu est également touché avec 16 cas. La commune d’Ibanda, à Bukavu, sera désormais isolée du reste de la ville. Et enfin la province minière du Haut-Katanga, frontalière avec la Zambie, a dépassé la barre de 20 cas dont la majorité sont à Lubumbashi.

L'état d'urgence sanitaire proclamé le 24 mars 2020 a été à nouveau prorogé jusqu’au 6 juin prochain.

  • La République centrafricaine généralise le port du masque

Le gouvernement centrafricain a pris plusieurs mesures pour lutter contre le nouveau coronavirus, lors d’une réunion de comité technique du Covid-19. Sur sa page Facebook, le Premier ministre Firmin Ngrebada, a annoncé que « vu la persistance des comportements irresponsables observés depuis et susceptibles d'aggraver la propagation de la maladie », des sanctions seraient prises. Celles-ci prévoit des peines de prison allant de 1 à 3 mois ferme.

Par ailleurs, ce comité technique a décidé de généraliser le port du masque à compter de la semaine prochaine dans les transports en commun, dans les « lieux fermés » et auprès des forces de défense et de sécurité. Le ministère de la Santé souligne que dix millions de de masques seraient distribués dans l’ensemble de ce pays de cinq millions d’habitants. Pour le moment, la RCA, où les infrastructures sanitaires sont quasi inexistante, résiste plutôt bien à la pandémie avec 702 cas détectés et une seule personne décédée.

  • Aucun assouplissement annoncé en Côte d'Ivoire

C’est un communiqué de quelques lignes qui indique sans plus d’explication que l’état d’urgence, la fermeture des frontières, l’isolement du grand Abidjan, sont maintenus jusqu’au dimanche 14 juin prochain. Idem pour les bars, boites de nuit, cinémas et salles de spectacles qui garderont le rideau baissé jusqu’à cette même date.

Le dernier Conseil national de sécurité avait fixé comme échéance le 31 mai et nombreux sont les Ivoiriens qui s’attendaient à voir toutes ces restrictions, ou une partie d’entre elles, levées dimanche prochain. Il faudra donc encore attendre.

Le 18 mai des représentants des secteurs de la nuit et des débits de boissons avaient eu l’occasion d’exprimer au ministre du tourisme et des loisirs Siandou Fofana, leur détresse. Les bars et boites de nuit sont de petites entreprises sans trésorerie qui ont souvent du licencier leur personnel dès la fermeture imposée le 23 mars. Le ministre les avait incité à réclamer les aides proposées dans le cadre du fonds de soutien gvtal de 150 milliards de FCFA aux PME.

  • Les thèses conspirationnistes anti-Bill Gates résonnent puissamment en Afrique

Profits, contrôle des populations... Les accusations visant la Fondation Bill et Melinda Gates, très active dans la recherche sur les maladies et les vaccins sur le continent, ne sont pas nouvelles. Mais la pandémie, qui a fait plus de 352 000 morts dans le monde au 27 mai, leur a offert une nouvelle caisse de résonance, comme le montre le cas singulier d'une publication au Kenya. Le 15 mars, le gouverneur de Nairobi, Mike Sonko, diffusait une vidéo de Bill Gates accompagnée du commentaire : « Bill Gates nous avait parlé du corona virus 2015 » (sic).

On y voyait le fondateur de Microsoft prévenant que le monde n'était pas préparé pour faire face à une épidémie mondiale. Dans cette séquence tirée d'une conférence des TED Talks il y a cinq ans, aucune mention du coronavirus, ni du Covid-19. Cette publication a pourtant connu une viralité record. Avec plus d'un million de partages et plus de 38 millions de vues, elle est devenue le post concernant Bill Gates le plus prolifique durant la pandémie, selon l'outil d'analyse des réseaux sociaux CrowdTangle.

Avec l'apparition du virus en décembre à Wuhan en Chine et sa propagation à l'ensemble de la planète, les rumeurs conspirationnistes liant Bill Gates à la pandémie ont essaimé. Ces théories complotistes lui prêtent la volonté de contrôler les populations à travers l'implantation de puces sous-cutanées ou de tatouages numériques, et de tirer d'immenses profits financiers d'un éventuel vaccin, ou affirment que sa fondation a fait breveter un traitement il y a plusieurs années avant de répandre le nouveau coronavirus. Pour d'autres, Bill Gates a créé le virus dans le but de réduire la population mondiale, affirmation très populaire sur les réseaux sociaux africains.

  • En Afrique du Sud, « la réponse au coronavirus est disproportionnée »

Le déconfinement a démarré dans plusieurs pays africains après de nombreuses semaines de confinement plus ou moins dures. L’heure est au premier bilan. En Afrique du Sud par exemple, le président Cyril Ramaphosa vient d’annoncer des mesures d’assouplissement comme la levée du couvre-feu et la réouverture de certains commerces qui seront effectives le 1er juin. L'Afrique du Sud est le pays africain le plus touché par la pandémie. C'est aussi le premier État africain à avoir imposé un confinement national total dès le 27 mars. Un confinement que critiquait sur notre antenne Koffi M. Kouakou, analyste sur les affaires africaines basé à Pretoria, ce jeudi matin.

Mais le secteur minier pourrait ne pas pouvoir reprendre une pleine activité après la découverte de mineurs atteint du coronavirus. Le week-end dernier, le groupe minier AngloGold Ashanti a dû fermer une de ses mines d’or après qu’un quart de ses employés ait été testé positif au Covid-19. Plus de 200 000 mineurs sont pourtant pourtant appelés à reprendre le travail à partir du 1er juin, dans le cadre de l'allègement du confinement. Avant l’annonce d’AngloGold Ashanti, seuls 85 cas confirmés de coronavirus, dont un décès, avaient été déclarés dans toute l’industrie minière d’Afrique du Sud.

  • Au Kenya, l’épidémie de coronavirus s’accélère

Depuis plusieurs jours, le nombre de malades enregistrés au quotidien ne cesse d’augmenter. Jeudi, le ministère de la Santé a annoncé 147 nouvelles personnes atteintes. Le pays compte désormais 1618 malades. Nairobi, la capitale, est la zone la plus touchée. Et dans la ville, le quartier d’Eastleigh - où le virus se répand rapidement - est en confinement depuis le 7 mai. Une mesure prolongée même jusqu’au 6 juin, rendant la vie de plus en plus difficile pour les habitants.

À Eastleigh, la situation est tellement dure que des manifestations éclatent

►A écouter aussi : Afrique du Sud: «la réponse au coronavirus est disproportionnée»

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