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Maroc: décès de l’ancien Premier ministre Abderrahmane Youssoufi

L’ancien Premier ministre marocain Abderrahmane Youssoufi en mars 2018.
L’ancien Premier ministre marocain Abderrahmane Youssoufi en mars 2018. STR / AFP
Texte par : RFI Suivre
2 min

Abderrahmane Youssoufi, qui a été Premier ministre du Maroc entre 1998 et 2002, est mort la nuit dernière, à Casablanca, où il était hospitalisé depuis dimanche. Il était âgé de 96 ans. Son décès a été confirmé par l’Agence de presse marocaine et par le Premier ministre Saad Eddine el-Othmani, sur son compte Twitter.

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Il existe à Tanger, la ville dans laquelle Abderrahmane Youssoufi est né en 1924, une avenue qui porte son nom. Elle a été inaugurée par le roi Mohamed VI en 2016. Abderrahmane Youssoufi était d’ailleurs le chef du gouvernement lorsque l’actuel souverain marocain est monté sur le trône, en 1999.

Un an plus tôt, en 1998, c’est son père, le roi Hassan II, qui l’avait désigné pour former un « gouvernement d’alternance », marqué par l’arrivée de la gauche, dans un geste de réconciliation avec l’opposition. Hassan II se sait alors en fin de vie et veut préparer une transition avec son fils et successeur. La mission est donc confiée à Abderrahmane Youssoufi, figure de la gauche marocaine, membre de l’USFP, l’Union socialiste des forces populaires, dont il est le premier secrétaire pendant une dizaine d’années, jusqu’au début des années 2000.

Un ancien journaliste marocain le décrit comme un homme honnête et sincère, qui n’a jamais transigé sur ses valeurs. Mais pour lui, Abderrahmane Youssoufi reste aussi l’artisan d’une occasion manquée, qui n’a pas su relever le défi historique de renégocier avec le pouvoir, avec le roi.

L’historien Maati Monjib, professeur à l’université Mohamed V de Rabat, l’a lui-même connu. Pour lui, il reste un symbole de la réconciliation entre la gauche nationaliste et la monarchie marocaines. « Youssoufi avait compris que la période était importante parce que Hassan II était très malade et était prêt à partager le pouvoir, donc il a accepté, avec une certaine hésitation d’ailleurs, de devenir Premier ministre à condition de renforcer la transition démocratique, commente-t-il. Et donc il a fait une sorte de sacrifice politique parce qu’il n'avant d'autre garantie que le serment avec Hassan II – seul au courant. Mais il a été très déçu dès que Hassan II est décédé. Trois mois plus tard, le nouveau roi a repris tous les pouvoirs, il a été un peu marginalisé. »

Aderrahmane Youssoufi a occupé la fonction de Premier ministre jusqu’en 2002. Son départ du gouvernement, suivi quelques mois plus tard de sa démission du poste de premier secrétaire de l’USFP, avait signé sa retraite politique.

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