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Burkina Faso: attaque terroriste meurtrière sur un marché de Kompiembiga

Un militaire de l'armée burkinabè en plein exercice (image d'illustration).
Un militaire de l'armée burkinabè en plein exercice (image d'illustration). ISSOUF SANOGO / AFP

Au Burkina Faso, des hommes armés ont ouvert le feu sur les commerçants et clients du marché de bétail de Kompiembiga, à 15 kilomètres de la ville de Pama sur l’axe Fada/Pama, dans l'est du pays, samedi 30 mai. 25 civils, au moins, ont été tués dans l’attaque qui est attribuée à des groupes armés terroristes, selon le gouverneur de région.

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Avec notre correspondant à Ouagadougou, Yaya Boudani

Selon un habitant, le marché visé par l'attaque a été infiltré par des hommes armés et d’autres rodaient autour avec leurs motos. Les populations ont plutôt pensé avoir affaire aux forces de défense et sécurité en mission de patrouille, explique cet habitant. « Quand les gens ont su que ce n’était pas des soldats, ce fut la panique et c’est ainsi que la tuerie a commencé », dit-il.

Plusieurs personnes ont été tuées. « C’était la panique et la débandade. Ils ont même pourchassé certaines personnes », précise cette source. Selon le gouverneur de la région, c’est un groupe de terroristes qui a perpétré cette attaque. Il y avait environ une dizaine de motos qui transportaient chacune deux personnes, relate une autre source. « Depuis leur moto, ils ont tiré des rafales avec des armes de guerre sur la population au marché », dit-il. Ce sont les bouchers qui ont payé un lourd tribut dans l’attaque du marché de bétail de Kompiembiga selon un habitant. « Ceux qui étaient au niveau de la grue, à l’endroit où l’on charge le bétail dans les camions, ont été tous abattus », atteste-t-il.

« Nous avons inhumé 37 corps dans la soirée du samedi quand les terroristes sont repartis », a fait fait savoir un habitant. Selon notre interlocuteur, les recherches se poursuivent toujours pour essayer de retrouver certaines personnes qui manquent toujours à l’appel.

C’est désormais la colère au sein des populations de Kompiembiga après cette attaque. « Depuis l’attaque du marché, nous n’avons constaté aucune réaction des autorités. Nous avons les forces armées qui ne sont pas loin mais personne n’est venu à notre rescousse » s’indigne un habitant joint sur place.

Les habitants de Pama, la ville voisine, ont décidé de fermer leur marché pour 72h en soutien aux populations de Kompiembiga. Une manifestation est prévue ce lundi pour dénoncer la situation d’insécurité dans la région. « Nous voulons savoir pourquoi 24h après la tuerie, aucune force ni aucune autorité ne s’est déplacée », martèle un commerçant du marché de Pama. En condamnant cette attaque qualifiée de « lâche et barbare », le gouverneur de la région assure qu’une mission de ratissage des forces de défense et sécurité est en cours.

Mahamadou Sawadogo est consultant à l’Institut d’études et de sécurité. Pour lui, l’engagement de civils dans la lutte contre le terrorisme pourrait bien expliquer que les populations locales soient désormais la cible des groupes jihadistes.

La première explication vient du fait que des hommes et des filles sont engagés dans ce combat-là avec la mise en place de volontaires pour la défense de la patrie, qui sont des civils qui agissent aux côtés des forces de défense et de sécurité. Ils sont aisément ciblés comme des combattants.

Mahamadou Sawadogo

 
Dans la région du centre nord cette fois, une autre attaque a visé un convoi humanitaire dans l’après-midi, samedi 30 mai. Elle s’est déroulée sur l’axe Foubé/Barsalogho. De retour de Foubé, le convoi avait transporté des vivres pour les populations déplacées.

Le bilan provisoire est de cinq civils et sept gendarmes tués. Une vingtaine de blessés ont été évacués au centre hospitalier de Kaya et des personnes sont toujours portées disparues. Des forces de défense et sécurité ont été déployées sur place pour secourir les survivants.


  • Une partie de la population manifeste depuis ce matin à Pama pour protester contre le manque de soutien des autorités

Nous avons 500 à 700 personnes qui sont dans la rue. Ils sont en train de crier leur colère face à l’incapacité du gouvernement de pouvoir les protéger… Les populations vivent toujours dans la peur, vivent toujours dans le désarroi. Chaque jour il y a des enlèvements, chaque jour il y a des morts, il y a des centaines de personnes qui disparaissent en un mois et les populations sont en train de crier leur ras-le-bol.

Van Marcel Ouoba, directeur du site d’information locale gulmu.info

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