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RDC: annonce de la suspension des dirigeants de la Minière des Bakwanga

Le rapport de la mission d’audit chapeautée par l’Inspection générale des finances (IGF), avait été remis directement au président Félix Tshisekedi (notre photo).
Le rapport de la mission d’audit chapeautée par l’Inspection générale des finances (IGF), avait été remis directement au président Félix Tshisekedi (notre photo). France24-RFI
Texte par : RFI Suivre
3 min

En République démocratique du Congo (RDC), le président Félix Tshisekedi et le gouvernement ont annoncé, samedi 30 mai 2020, la suspension des dirigeants de la Minière des Bakwanga (MIBA), l’entreprise productrice du diamant industriel et dont l’Etat est l’actionnaire principal (80%). La sanction tombe après une mission d’audit dont le rapport date du 23 mars dernier et qui charge les deux entités placées aux commandes. Depuis des mois, d’anciens employés et des membres de la société civile dénonçaient en vain le détournement présumé de millions de dollars de diamants.

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Avec notre correspondant en RDC, Pascal Mulegwa

Le rapport de la mission d’audit chapeautée par l’Inspection générale des finances (IGF), avait été remis directement au président Félix Tshisekedi. Le document  révélait « d’importants dysfonctionnements », précise le compte-rendu du Conseil des ministres, tenu, vendredi autour du président de la RDC.

« Victimes »

Suspendus, les membres du conseil d’administration se considèrent comme des « victimes » d’Albert Kanda Kanda, le directeur général de cet ancien fleuron des diamants. Ainsi, Dieudonné Mbaya, président du conseil, explique-t-il : « Il y a eu mauvaise gestion et incompétence, nous l’avions déjà dénoncé, mais qui va nous écouter ?  Nous avions été nommés pour aider le gouvernement en tant qu’actionnaires pour comprendre ce qui se passe dans l’entreprise, mais quand on présente la situation et qu’on se fait taper sur les doigts comme si on avait pêché pour soi-même, ça complique les choses. »

« Je ne comprends pas, poursuit-il, pourquoi on liquide le Conseil d’administration, pourtant on avait notifié les actionnaires à temps. Couler tout le monde, c’est une façon de laver les traces du fautif ». Ce dernier affirme que le directeur jouissait de protection à Kinshasa. Faux, rétorque le directeur général qui rejette en bloc les accusations à son encontre. Et n’entend pas la remise en cause de son honnêteté.

Une querelle qui dure

La querelle au sommet de la Miba dure depuis des mois. En octobre 2019,  le directeur général avait été démis par le Conseil d’administration  mais le ministre du portefeuille s’y était opposé. Au grand dam de la société civile qui espérait des poursuites.

Le lanceur d’alerte, Claude Mianzuila Disimba, classificateur et évaluateur des diamants, accusait l’administration de la MIBA d’avoir détourné « des millions en diamants »  et d’avoir entretenu un réseau clandestin des creuseurs artisanaux, pour son propre compte : « Il y eu des vols systématiques des diamants, c’était une rafle de grande envergure. Sur la période allant de janvier 2018 à février 2019, sur base des documents qui m’avaient été fournis, c’était un manque à gagner minimum de plus de 10 millions de dollars US. Le comité suspendu a saigné la MIBA », a–t-il déclaré. Cet expert ne souhaite pas voir les sorts des personnalités impliquées limités à leur suspension. Elles se doivent, selon lui, « de répondre de leurs actes aux devants des cours et tribunaux, pour dissuader ceux qui s’hasarderaient encore à venir chipotailler à la MIBA. »

« Chargés de mission » 

La MIBA, basée à Mbujimayi dans le centre de la RDC, est  tombée en faillite suite à la détérioration de ses infrastructures de production et à la mauvaise gestion depuis de nombreuses années. Elle doit aujourd’hui plus de 14 ans de salaires à ses agents d’après le syndicat, qui se contente de plaider pour la relance de la société.

Après la suspension de la direction générale et du Conseil d’administration, le gouvernement entend désigner des « chargés de mission » afin d’examiner les pistes de redressement de la situation et la convocation d’une assemblée générale, indique le compte-rendu du Conseil des ministres.

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