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Coronavirus au Sénégal: la réouverture partielle des écoles finalement reportée sine die

Des jeunes filles reviennent de l'école, au Sénégal (image d'illustration).
Des jeunes filles reviennent de l'école, au Sénégal (image d'illustration). AFP PHOTO / SEYLLOU SEYLLOU
Texte par : RFI Suivre
3 min

Revirement de dernière minute au Sénégal : la réouverture partielle des écoles, prévue ce mardi matin, n’a pas eu lieu. La reprise devait concerner uniquement les élèves « en classes d’examen », CM2, 3e et Terminale. Cela représentait quelque 550 000 élèves, sur un total de 3,5 millions, mais lundi soir, le ministère de l’Éducation a annoncé un report sine die.

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Avec notre correspondante à Dakar, Charlotte Idrac

Certains élèves qui n’avaient pas été informés à temps se sont retrouvés avec leurs cartables devant des portes closes ce mardi matin. Le communiqué du ministère de l’Éducation nationale a été publié peu avant minuit hier soir. Pour les autorités, cette décision est justifiée après la découverte de dix enseignants testés positifs au coronavirus à Ziguinchor, dans le sud du pays.

Le ministre de l’Éducation parle de « responsabilité », pour « éviter tout risque de propagation du virus dans l’espace scolaire ». Principe de précaution donc qui suscite aussi l’incompréhension. « Cafouillage », « tâtonnement », voire « fiasco », de nombreux enseignants dénoncent un « prétexte », et affirment que l’État n’était tout simplement pas prêt pour rouvrir les écoles.

Un débat depuis plusieurs semaines

Cette réouverture faisait débat depuis son annonce par le président Macky Sall le 11 mai dernier. Les syndicats, les élèves, les parents, beaucoup ont critiqué les conditions de cette reprise, le manque de moyens mis à la disposition des écoles - masques, eau de javel, thermoflashs - ainsi que l’impossibilité aussi de faire respecter les mesures barrières dans les établissements.

Lundi, avant même l’annonce du report, les écoles privées catholiques du pays avaient décidé de ne pas rouvrir ce mardi, pour « ne pas mettre la vie des élèves, des personnels et de leurs familles en danger ». Dans une école primaire du quartier de Grand Dakar visitée ce lundi, ce sont des bénévoles – et non pas des agents de l’État - qui faisaient le grand ménage dans les classes poussiéreuses fermées depuis plus de deux mois.

Pourtant, les autorités avaient maintenu le cap en organisant la semaine dernière une vaste opération de convoyage des enseignants pour rejoindre leurs établissements dans toutes les régions du pays. Une foule de professeurs s’étaient retrouvés à la gare routière Liberté 5 à Dakar, souvent pas de gaité de cœur. « Tout ça pour ça », confiait ce matin l’un d’eux qui se demandait  comment faire le voyage retour. Tandis que certains disent aujourd’hui craindre une stigmatisation.

Concernant le convoiement, c'était la cacophonie, c'était de l'amateurisme. Il n'y avait pas gestes barrière, les gens étaient entassés... Nous avons dit : c'est clair qu'il y aura des conséquences. Si aujourd'hui, on nous dit que des enseignants sont testés positifs, nous ne sommes pas surpris. Le gouvernement sera tenu pour seul et unique responsable. L'autre aspect, c'est la stigmatisation des enseignants... (…) Les enseignants nous disent qu'aujourd'hui les gens se méfient d'eux. Ils sont presque mis en quarantaine, ils ont des difficultés pour se déplacer...

Abdoulaye Ndoye, porte-parole du CUSEMS, le Cadre unitaire des enseignants du moyen et secondaire

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