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Madagascar: la pandémie perturbe la production rizicole

Dans les rizières malgaches, les pieds de riz coupés à ras ont remplacé les longues tiges verdoyantes et bien garnies encore visibles ces dernières semaines.
Dans les rizières malgaches, les pieds de riz coupés à ras ont remplacé les longues tiges verdoyantes et bien garnies encore visibles ces dernières semaines. RFI/Sarah Tétaud

À Madagascar, la saison de la moisson du riz touche à sa fin dans la région du lac Alaotra, cette vaste plaine rizicole du centre-est du pays, considérée aujourd’hui comme le grenier à riz de l’île avec 520 000 tonnes en 2018. La récolte a été bonne mais avec les mesures sanitaires en place pour limiter la propagation du coronavirus, qui a touché la zone pour la première fois le 26 mai dernier avec quatre cas recensés, la grande interrogation pour les cultivateurs est de savoir comment vendre et faire sortir leur riz hors de la région.

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Avec notre correspondante à Antananarivo, Sarah Tétaud

Depuis l’annonce la semaine dernière des premiers cas de contamination dans cette zone rizicole, l’ambiance en ville a complètement changé, nous explique le père Jean-Noël Andrianasolo, secrétaire de l’évêque d’Ambatondrazaka. « Avant, les gens se comportaient comme s’il n’y avait pas de coronavirus, raconte-t-il. Mais depuis le 26 mai, les gens ont peur maintenant ».

Les habitants ont peur de la maladie mais aussi de ne pas arriver à récolter ce pour quoi ils ont travaillé toute l’année. André Ranaivoson cultive 50 hectares de rizières autour d’Ambatondrazaka. « Chaque année à partir de fin d’avril, il y a beaucoup de gens qui viennent des Hauts-Plateaux pour récolter le riz, nous explique-t-il. Mais cette année, avec le confinement et l’obligation d’une mise en quarantaine à leur arrivée ici, on n’a pas eu assez de main d’œuvre pour récolter le produit ».

La récolte a donc été un peu retardée, selon lui. Néanmoins, le plus gros de la moisson a été réalisé et les agriculteurs sont satisfaits. C’est désormais l’étape suivante qui les inquiète. « C’est la vente de riz et le transport qui peut-être risquent de poser problème, estime-t-il. Parce que c’est le confinement, il n’y a personne qui peut faire le va-et-vient entre la région d'Alaotra-Mangoro et la région d'Analamanga. Et les gens qui veulent acheter, ils ne peuvent pas passer les barrières sanitaires. C’est encore interdit ».

Jusqu’à présent, d’après les agriculteurs, bon nombre des collecteurs de riz, pièces maîtresses dans la vente et distribution du riz local, n’auraient pas encore réussi à atteindre Ambatondrazaka.

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