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Assassinat des experts de l'ONU en RDC: trois ans de procédure chaotique

Zaida Catalan et Michael Sharp, experts de l'ONU assassinés en RDC.
Zaida Catalan et Michael Sharp, experts de l'ONU assassinés en RDC. RFI
Texte par : RFI Suivre
2 min

C’était il y a trois ans jour pour jour, le début de l’un des procès les plus chaotiques de la République démocratique du Congo. Le procès des assassins présumés des experts onusiens Michael Sharp et Zaida Catalan. Le 5 juin 2017, trois mois après leur assassinat, une procédure a été lancé devant le tribunal de garnison de Kananga avec 14 prévenus, puis devant la cour militaire de l’ex-Kasaï occidental avec 40 personnes poursuivies. Un procès très critiqué dès le départ et qui, trois ans après et malgré la désignation d’une équipe d’experts et d’un procureur par l’ONU, menace toujours de s’enliser. 

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Fait rare, après l’ouverture du procès, en 2017, l’un des porte-parole du secrétaire général des Nations unies avait mis en doute la crédibilité de la procédure : la plupart des prévenus présentés devant le tribunal n’avaient rien avoir avec le meurtre.

Même si officiellement l’ONU adopte la thèse des autorités congolaises de l’époque à travers un rapport d’un comité d’enquête, les principaux suspects de la police des Nations unies qui travaille de son côté appartiennent tous aux services de sécurité de l’Etat ou y sont associés.

Sous pression, Jean-Bosco Mukanda, ancien chef de milice et témoin vedette du procès, finit sur le banc des accusés tout comme Jose Tshibuabua et Thomas Nkashama, deux inspecteurs de la DGM ; un colonel de l’armée congolaise, Jean de Dieu Mambweni, est lui aussi accusé.

À lire aussi : Trois agents de l'Etat sur le banc des accusés

Mais plusieurs avocats et même des sources onusiennes se plaignent que plusieurs responsables sécuritaires cités n’ont jamais été convoqués ou que beaucoup de questions n’aient jamais été soulevées. Les critiques les plus virulentes pointent une volonté d’en faire un crime dont la responsabilité ne serait que locale quand certains y voient un crime d’Etat.

Mais c’est aussi un procès qui ne cesse de s’interrompre sous différents prétextes. Cette année, c’est à cause de l’absence de prise en charge des avocats par l’Etat ou encore de la pandémie de Covid-19. Le bâtonnier du Kasai central a pointé dans un rapport publié à la veille de cet anniversaire à quel point ces retards pénalisaient les droits de la défense et a regretté l’absence de parties civiles à ce procès.

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