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Silencieuse sur sa mort, l'Algérie a-t-elle aidé la France à éliminer le chef d'Aqmi?

Le nouveau Premier ministre algérien Abdelmadjid Tebboune avant sa nomination le 3 avril 2017 à Alger
Le nouveau Premier ministre algérien Abdelmadjid Tebboune avant sa nomination le 3 avril 2017 à Alger REUTERS/ Ramzi Boudina
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Depuis sa mort annoncée vendredi 5 juin par la France, l’Algérie est restée muette. Si, durant le week-end, la plupart des titres de la presse algérienne se sont fait l’écho de la disparition de l’émir d'origine algérienne, reclus jusque-là en Kabylie, les médias officiels n’ont pas évoqué l’information. Quel rôle a pu jouer l’Algérie dans l’élimination de l’émir d’Aqmi ?

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Le commandement des États-Unis pour l'Afrique confirme la mort de l’émir d’Aqmi, Abdelmalek Droukdel, « par une évaluation indépendante ». C’est ce que stipule le communiqué en français publié par Africom ce lundi, texte qui confirme aussi l’appui américain à l’opération militaire française via du renseignement.

Côté algérien, en revanche, « rien, pas même un message laconique », constate un ministre sahélien très surpris du silence d’Alger. Un autre officiel de la sous-région évoque, lui, un silence sûrement très diplomatique : « On ne peut pas demander au président Tebboune de se féliciter d’une opération militaire française. »

Ce qui est sûr, c’est que la mort du leader d’Aqmi n’est certainement pas un non-événement pour Alger. Selon un de nos interlocuteurs, « les Algériens ne pouvait pas ne pas être au courant d’un mouvement de Droukdel aussi loin de son fief ». Autrement dit, explique-t-il, si la France a pu agir, c’est parce que les Algériens l’ont permis. Comprendre : les changements à la tête de l’état-major des armées et à la direction du renseignement auraient fait perdre à Abdelmalek Droukdel une forme de protection ces derniers mois.

Alger est peut-être même allé plus loin. Selon plusieurs observateurs, c’est en effet une coopération triangulaire : Algérie, États-Unis, France qui pourrait être à l’origine de l’opération. Une source sécuritaire assure même que ce sont les forces spéciales algériennes de Bordj Mokhtar, à la frontière, qui aurait surveillé le convoi du chef terroriste puis informé la CIA basée à Tamanrasset, avant de passer le relais à la force française Barkhane. Une information non confirmée à ce stade.

L’opération contre Abdelmalek Droukdel a-t-elle été au coeur de l’entretien entre le président algérien et son homologue français la veille de l’opération ou de son rendez-vous ce lundi avec l’ambassadeur des États-Unis ? Sans surprise, rien n’a filtré…

À réécouter : La mort du chef d'Aqmi pourrait-elle hâter le conflit avec l’État islamique?


■ Confirmation américaine

Le Commandement des États-Unis pour l'Afrique (Africom-United States Africa command) dit avoir la confirmation de la mort du dirigeant Abdelmalek Droukdel, et ce, grâce à une évaluation indépendante des Français.

Ce que l’on fait normalement, c’est que l’on conduit une évaluation indépendante par nos propres moyens, notamment pour évaluer les conditions dans lesquelles la frappe est menée. Notre rôle ici a été avant tout de fournir des renseignements pour aider à localiser Droukdel et cela bien sûr durant une certaine période de temps, en coopération avec la France et nos partenaires africains. Je ne peux entrer dans les détails et vous dire comment l’identification a été menée. Mais en regardant le niveau des renseignements que nous possédions, le temps qui a été pris pour surveiller, observer la cible et établir sa localisation, je peux vous garantir, comme l’a fait le gouvernement français, que Droukdel a été tué.

Colonel Kris Kams, responsable de la communication d'Africom

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