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Covid-19 et crise économique à Madagascar: Rajoelina tente de rassurer le secteur privé

Le président malgache Andry Rajoelina le 27 mai 2019 à Antananarivo.
Le président malgache Andry Rajoelina le 27 mai 2019 à Antananarivo. CRÉDITRIJASOLO / AFP

Le président de la République a reçu mercredi 17 juin au palais d'État d'Iavoloha les représentants du secteur privé. Les entreprises et industries de la Grande Ile réclament depuis plusieurs semaines un plan de soutien pour leur permettre de faire face à la crise économique engendrée par la pandémie de Covid-19. Une réunion très attendue qui a duré près de cinq heures. Des discussions et des débats mais encore peu de mesures concrètes expliquent les représentants des entreprises.

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Avec notre correspondante à Antananarivo

Pertes, arrêt total ou partiel de leurs activités, mises au chômage technique de leurs employés et même faillites et licenciements. Depuis le début de la pandémie, les entreprises et leurs salariés peinent à garder la tête hors de l'eau. Pour Patrice Raoull, président de la Confédération du tourisme de Madagascar, ce premier échange public-privé a permis de rassurer ce secteur, le plus touché par la crise :

« Nous sommes au stade de discussions mais on a senti dans le discours du président et du Premier ministre un signal fort pour le soutien au secteur privé et plus particulièrement au tourisme, notamment faciliter l'accès à des lignes de crédit à des taux bonifiés qui concernera tous les secteurs. Il y a aussi des dispositions qui vont être prises concernant les obligations fiscales mais aussi les obligations en matière de charges sociales pour aller soit dans le sens de l'allègement ou du report de certaines échéances. Ce sont des éléments qui vont nous permettre d'être plus motivés pour se préparer à la relance du secteur. »

Des attentes de précisions

Le tourisme représente 44 000 emplois directs et 300 000 indirects. Il est aussi un des trois premiers pourvoyeur de devises étrangères pour Madagascar. « Nous avons parlé des mesures qui vont être prises pour le maintien de l'emploi et pour le soulagements des foyers qui se trouve en situation de vulnérabilité lourde. De nombreuses entreprises dans le tourisme ont été obligées de mettre leurs employés au chômage technique. Pour l'instant, nous n'avons pas eu de réponse précise mais la porte est ouverte pour discuter et aller vers des mesures qui puissent répondre à la situation », poursuit Patrice Raoull.

Un gouvernement à l'écoute, indique aussi Thierry Rajaona, le président du Groupement des entreprises de Madagascar mais qui évoque un « certain décalage entre ce que les entreprises ont proposé et ce que les autorités ont présenté ». Si ces dernières ont insisté sur la relance à long terme, un soutien immédiat en cette période de crise est aussi impératif, explique-t-il : « Ce sont plutôt des grands axes qui ont été annoncés et les détails restent à préciser. C'est inquiétant dans la mesure où cela fait trois mois que nous sommes en crise. Nous pensons qu'il faut panser les plaies de façon assez urgente car elles sont béantes et si les plaies ne sont pas bien pansées aujourd'hui ,la guérison et la relance vont être difficiles. »

La crainte des faillites

Dimanche, lors de son intervention à la télévision nationale, Andry Rajoelina avait annoncé le débloquage d'un fonds de 40 millions de dollars au niveau de la Banque centrale pour permettre aux petites et moyennes entreprises de faire des prêts à faible taux d'intérêt. « Il faudrait aussi que les crédits soient garantis. Or ce n'est pas le cas aujourd'hui et cela freine la capacité des banques à distribuer des crédits en période de crise telle qu'aujourd'hui », signale Thierry Rajaona.

Pendant cette rencontre, la présidence a aussi réitéré le lancement d'un « Plan Marshall » de 1043 milliards d'ariary (270 millions de dollars) inscrit dans la loi de finances rectificatives et qui sera allouée à des travaux de construction et d'infrastructures. « Cela pourra bénéficier au secteur du BTP mais pour le reste nous n'avons pas obtenu de chiffre précis. On aurait souhaité que cet échange ait lieu quelques semaines avant pour intégrer des éléments définitifs dans la loi de finances rectificatives et pour que les mesures que nous demandions puissent être mises en œuvre beaucoup plus tôt parce que plus le temps passe, plus on verra des entreprises en faillite », fait remarquer le président du Groupement des entreprises de Madagascar.

Les discussions doivent se poursuivre dans les prochains jours précise la présidence, notamment avec les petites et moyennes entreprises et les très petites entreprises qui n'ont pas encore été reçues.

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