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Burkina Faso: visite symbolique du président Roch Marc Christian Kaboré à Djibo

Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, le 28 novembre 2017.
Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, le 28 novembre 2017. LUDOVIC MARIN / POOL / AFP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Il s’agit de montrer que l'État est encore là. Le président burkinabè a donc effectué une visite surprise dans une ville particulièrement importante en ces temps de conflit contre les jihadiste : Djibo. La grande ville du Soum est coupée du reste du pays en raison de sa situation sécuritaire.

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Avec notre correspondant à Ouagadougou, Yaya Boudani

D’après des témoins joints sur place, il y avait des avions, des drones et des soldats partout. Une démonstration de force de l’armée burkinabé. À Djibo, le président a rencontré les forces sur place et a multiplié les promesses : reprendre le terrain perdu, réorganiser l’armée… Il a pris également l’engagement de donner plus de moyens aux FDS sans plus de précisions.

Lors de cette première visite à Djibo depuis le début de son mandat, le président a également fait allusion aux exactions des Forces armées du Burkina Faso dénoncées par les ONG et l’ONU. « Nous devons faire preuve de discernement, nous devons faire preuve d’investigation, de renseignement très approfondi pour permettre justement de pouvoir trier le bon grain de l’ivraie », a-t-il déclaré devant les soldats.

Une visite de quelques heures

Des déclarations d’intention, mais pas de mesure précise annoncée. Avant tout, c’était un déplacement politique et à forte valeur symbolique pour montrer que l’État est encore à Djibo. Le président qui se dit également soucieux de résoudre les problèmes d’approvisionnement en carburant.

Sur place, certains habitants se félicitent de cette venue. Selon le responsable d’une association, le président a fait la promesse de trouver une solution à l’approvisionnement de la ville en carburant. « Nous avons aussi demandé la sécurisation du tronçon Namissiguima-Djibo longue d’une trentaine de kilomètres », explique un autre responsable de la société civile. Selon ce dernier c’est dans cette zone considérée comme celle de « tous les dangers », que les groupes armés interceptent tout véhicule en provenance ou en direction de Djibo, rendant ainsi l’accès à cette partie du pays difficile.

Une visite qui n’a duré que quelques heures, car le président du Faso a regagné Ouagadougou ce vendredi dans l’après-midi.


 Djibo, une ville abandonnée ?

Djibo est une ville régulièrement ciblée par les attaques terroristes. Les forces de sécurité, les leaders religieux, les civils, personne n'est épargné. Les populations ont peur et essaient de fuir pour ceux qui peuvent. Même l’administration est gagnée par la psychose. Le tribunal de grande instance de Djibo est fermé depuis avril 2019, les écoles aussi.

En novembre dernier le député maire de Djibo, Oumarou Dicko qui se rendait à Ouagadougou a été tué dans une embuscade. Et aujourd’hui, tous les élus de la province, par peur, préfèrent rester à Ouagadougou, qu’auprès des populations de la province du Soum.

Cela a donc isolé Djibo du reste du pays. D’ailleurs, jusqu’à ces dernières semaines, la ville manquait de tout. Carburant, denrées alimentaires, produits pharmaceutiques, l’eau et l’électricité, les habitants de Djibo n’avaient plus accès à ces besoins de première nécessité. Ce qui a fait monter les critiques et les indignations sur les réseaux sociaux, pour attirer l’attention des autorités et surtout dire que Djibo fait partie intégrante du pays.

Alors des citoyens, des ressortissants de Djibo se sont organisés au sein du Groupe d’Action pour le Soum afin d’aller au secours des habitants. Ils ont collecté des vivres, des produits d’hygiène, des vêtements et avec l’aide de certaines associations humanitaires, tout cela a été acheminé à Djibo en mai dernier, sous escorte de l’armée.

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