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Brazzaville doit-elle déboulonner Brazza?

Une statue de l'explorateur Pierre Savorgnan de Brazza à Brazzaville.
Une statue de l'explorateur Pierre Savorgnan de Brazza à Brazzaville. AFP PHOTO / JUNIOR D. KANNAH
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Les manifestations liées à la mort de l’Afro-Américain Georges Floyd n’ont pas atteint le Congo. Mais la question se pose de la destruction ou de la conservation de la statue de Pierre Savorgnan de Brazza, fondateur de la ville de Brazzaville il y a 140 ans.

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Avec notre correspondant à Brazzaville,  Loïcia Martial

Cet explorateur français d’origine italienne est traité de pilleur par certains Congolais qui pensent qu’il n’a pas sa place dans le pays ; alors qu’il passe aux yeux de ceux qui le défendent comme « un humaniste » et représente à lui seul une part importante de l’histoire du Congo.

Dans la grande cour du prestigieux Mémorial Pierre Savorgnan de Brazza construit en marbre ouvert au public depuis 2006 se dresse une imposante statue de l’ancien explorateur que l’historien de Fulbert Kombo veut voir être déboulonnée. Il ne comprend pas pourquoi Brazza est le seul homme de l’époque coloniale vénéré au détriment des résistants.

« La statue de Pierre Savorgnan de Brazza n’a pas sa place ici à Brazzaville, étant donné qu’il fait partie de ceux qui ont facilité la colonisation ; donc il a été l'un des facilitateurs de pillage des ressources de notre République. Nous avons des grands hommes (essentiellement des résistants) qui ont marqué l’histoire de ce pays : Mabiala Mâ Nganga, André Grenard Matsoua, les Rois Makoko et Maloango n’ont pas de statues », dénonce M. Kombo.

Directrice du Mémorial Pierre Savorgnan de Brazzaville, Bélinda Ayessa, pense que détruire la statue de l’explorateur ou ternir l’image de cet homme signifie simplement renier l’histoire du pays.

« Je pense que Savorgnan de Brazza a marqué de façon exceptionnelle une page importante de notre histoire. Et cette histoire a permis de créer des liens séculaires entre notre pays le Congo, au-delà la sous-région Afrique centrale, l’Europe et le monde », livre-t-elle.

La colonisation a laissé de mauvaises traces quelque part certes, mais casser les statues des colonisateurs signifie « jeter le bébé et l’eau du bain » , conclut Bélinda Ayessa.

► Lire aussi : La statue du colon Cecil Rhodes sera retirée du campus d’Oxford

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