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Madagascar: précisions apportées sur la loi de finances rectificative

L'Assemblée nationale de Madagascar devait débattre et amender la loi de finances rectificative ce lundi 22 juin, mais la séance a finalement été reportée.
L'Assemblée nationale de Madagascar devait débattre et amender la loi de finances rectificative ce lundi 22 juin, mais la séance a finalement été reportée. RFI/Sarah Tétaud
Texte par : RFI Suivre
3 mn

A Madagascar, les précisions réclamées par la société civile et les députés sur la loi de finances rectificative ont été publiées par le ministère de l'Economie et des Finances ce lundi 22 juin.

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Avec notre correspondante à Antananarivo, Laetitia Bezain

Alors que la commission des finances de l'Assemblée nationale était penchée sur la loi de finance rectificative depuis plusieurs semaines, trois annexes cruciales manquaient à l'appel, notamment un document budgétaire qui détaille les fonds alloués par ministère et par secteur. Dans un pays où la pandémie de Covid-19 a provoqué une crise économique et sociale, et contraint l'Etat à revoir son budget, ces rectifications étaient attendues avec impatience.

Selon le texte, la pandémie de Covid-19 et les inondations du début de l'année ont causé 700 millions de dollars de pertes en termes de produit intérieur brut et un taux de croissance qui tombe à 0,8%, contre 5,5% initialement prévu.

Pour combler le manque à gagner, « la première solution de l'Etat, c'est une petite création monétaire avec des crédits à taux bonifiés débloqués par la Banque Centrale pour les petites et moyennes entreprises. Il y a aussi une augmentation des aides extérieures qui permettent à l'Etat de faire face aux dépenses », explique David Rakoto, président du Conseil d'administration du Cercle de réflexion des économistes de Madagascar.

La Banque centrale a mis à disposition 40 millions de dollars mais « le problème c'est que le secteur privé aurait besoin de plus d'apport de la part de l'Etat. Nous avions suggéré beaucoup plus de création monétaire pour financer – et pourquoi pas subventionner – le secteur privé », précise David Rakoto. Une baisse de la TVA à 15% au lieu de 20% avait aussi été suggérée par certains économistes et députés pour soutenir le secteur privé. Une mesure qui n'a pas été retenue par le gouvernement.

Concernant la répartition des dépenses, « il y a beaucoup plus de fonds alloués aux investissements publics dans les infrastructures plutôt qu'aux secteurs sociaux, comme l'éducation et la santé », poursuit l'économiste.

Un « Plan Marshall » de 1 043 milliards d'ariary (270 millions de dollars) inscrit dans la loi de finances rectificative sera alloué à des travaux de construction et d'infrastructures. « C'est un plan qui permettra de créer beaucoup d'emplois et de générer beaucoup plus de revenus et donc de faire augmenter la consommation. Nous avons cette pandémie de covid-19 aujourd'hui mais il faudra penser à allouer beaucoup plus de budget pour le secteur social parce que, par exemple, si l’Etat augmenterait de 10% les dépenses dans l'Education par rapport à la situation actuelle, on pourrait gagner jusqu’à 3,5% de PIB de plus », précise l’économiste David Rakoto.

Faraniaina Ramarosaona, en charge des questions de corruption au sein de la plateforme de la société civile ROHY, a quant à elle noté une nouvelle coupe drastique pour les organismes de lutte contre ce fléau. Le Bureau indépendant anti-corruption, notamment, voit son budget diminué de 520 000 dollars. Elle déplore par ailleurs « un manque de transparence dans le corps de la loi sur les fonds alloués à la lutte contre le Covid-19 ».

L'Assemblée nationale devait débattre et amender ce texte en séance plénière ce lundi 22 juin. Celle-ci a finalement été reportée, les députés n'ayant reçu qu'en fin de matinée les annexes manquantes.

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