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RDC: le ministre de la Justice interpellé puis libéré

Le vice-Premier ministre en charge de la Justice et garde des Sceaux, Célestin Tunda.
Le vice-Premier ministre en charge de la Justice et garde des Sceaux, Célestin Tunda. RFI/Pascal Mulegwa
Texte par : RFI Suivre
4 min

Le ministre de la Justice de la République démocratique du Congo, Célestin Tunda Ya Katende, a été libéré samedi soir quelques heures après avoir été arrêté chez lui puis retenu au parquet.

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Ce samedi après-midi, le ministre Célestin Tunda a donc été surpris par l’afflux des policiers devant sa résidence dans les hauteurs de la commune de Ngaliema. C’est d’abord les caciques de son camp politique, le FCC, qui ont alerté les médias. Sur place, la garde lui avait déjà été retirée, des policiers assiégeaient sa résidence.

Trois heures durant, le ministre Célestin Tunda s’est opposé à son interpellation, rejetant le mandat d’amener qui lui a été présenté. Il affirmait, selon l’un de ses proches, qu’il jouissait d’une « immunité » qui ne peut être levée que par l’Assemblée nationale.

Il s’est finalement livré, peu avant 18 heures, heures locales, au moment où les policiers menaçaient de forcer l’entrée de sa résidence. D’autres s’apprêtaient déjà à escalader le mur. Il a été conduit au parquet général près la cour de cassation pour être entendu. Pour le moment, aucune charge n’a officiellement été révélée contre lui, mais ce que l’on sait, est que ce mandat a été délivré pour une procédure de flagrance.

Formellement, d’après une source judiciaire, le patron de la Justice pourrait être poursuivi pour « faux en écriture et usage de faux ». Son interpellation serait liée à son initiative, qualifié de « personnelle », sur la transmission le 18 juin dernier, sans en avoir informé le gouvernement et le président de la République, des observations sur les propositions de loi initiées par deux députés du FCC, la coalition de l’ex-président Joseph Kabila.

Le Premier ministre dénonce une arrestation « arbitraire »

Le ministre de la Justice a été libéré samedi soir. On ne sait pas encore si le parquet l’a inculpé ou pas. Ce dimanche matin, le chef du gouvernement congolais Sylvestre Ilunga Ilunkamba a dans une déclaration lue par son porte-parole, dénoncé une arrestation « arbitraire » ne reposant, selon lui, sur aucun fait infractionnel. Pour le chef de l’exécutif congolais issu de la même coalition de l’ex-président Joseph Kabila, cet incident est de nature à « provoquer la démission du gouvernement ». Dans sa déclaration, le Premier ministre, rappelle au président Félix Tshisekedi qu’aucun membre du gouvernement ne peut être poursuivi pour des opinions émises lors de délibérations du conseil des ministres. Le Premier ministre demande enfin au président de saisir le Conseil supérieur de la magistrature pour une action judiciaire contre les magistrats auteur de cette interpellation. 

Cette arrestation a irrité le camp politique du ministre, le Front commun pour le Congo (FCC) qui dispose de la majorité au Parlement. Aujourd’hui, le camp Kabila veut mettre fin à la coalition et réclame une cohabitation, ce qui aurait comme conséquence la nomination d’un nouveau gouvernement sans les membres du camp de Tshisekedi. « Pour interpeller un ministre, le parquet doit requérir l’avis de l’Assemblée nationale, rappelle Emmanuel Ramazani Shadary, le numéro un du parti de Kabila, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD). Ce qui s’est passé, c'est que le ministre Tunda a défendu sa position de manière démocratique au niveau du conseil du gouvernement, et on l’a pris pour un malfrat. Où allons-nous dans ce pays ? C’est pourquoi nous, le PPRD, nous avons l’impression qu'on veut instaurer une dictature, plus forte que celle que Mobutu [dictateur du Zaïre (ex-RDC) de 1965 à 1997, NDLR] avait mis en place à l’époque du Zaïre. Nos amis qui sont alliés avec nous, nous leur répétons aujourd’hui avec force, parce que tout le monde connaît la vérité sur ce qui s’est passé : s’ils ne veulent plus de la coalition, il faut aller tout droit vers la cohabitation et que le FCC gère la République. C’est le FCC qui sera responsable de ses actes devant le peuple. »

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