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Trois jeunes Camerounaises détenues des années sans procès, l'avocat ne lâche rien

Après des années d'attente, un procès civil en bonne et due forme tarde à venir pour les trois Camerounaises.
Après des années d'attente, un procès civil en bonne et due forme tarde à venir pour les trois Camerounaises. Laetitia BEZAIN
Texte par : RFI Suivre
2 mn

Pour une justice équitable et dans un « délai raisonnable ». C’est l’appel lancé par 25 ONG de défense des droits de l’homme en soutien à trois jeunes femmes camerounaises, arrêtées en 2014 à l'âge de 17 ans, et condamnées à mort en 2016 par un tribunal militaire pour complicité avec Boko Haram. Elles ont toujours clamé leur innocence et attendent un second procès devant un tribunal civil... depuis six ans. Leur avocat confie son impatience à RFI.

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Me Nestor Toko a croisé le destin de ces femmes par hasard en prison. Il a décidé de leur venir en aide bénévolement, convaincu de leur innocence.

Tout serait parti, selon leur avocat, d’une dénonciation calomnieuse en 2014. Une femme, arrêtée par un comité de vigilance, aurait sous la torture accusé au hasard ces trois jeunes femmes d’être en mission de repérage pour Boko Haram. Sans imaginer que les jeunes filles, mineures, seraient arrêtées, puis condamnée à mort en 2016 par un tribunal militaire.

« Il n'y a aucune preuve des accusations portées contre elles. Ce sont des personnes brisées, alors qu'elles ont fui les exactions de Boko Haram, entendent dire qu'elles collaboraient plutôt avec ce groupe sur la base d'une simple dénonciation. L'une d'elles m'a confié qu'elle pensait se donner la mort parce qu'elle ne comprend pas pourquoi », s'insurge Me Nestor Toko. Cela fera bientôt six ans que les trois jeunes femmes sont incarcérées. Depuis peu, elles sont également séparés de leurs enfants, en raison du coronavirus.

Il y a un an, l’avocat obtient l’annulation de leur condamnation à mort et le renvoi de l’affaire devant un juge civil. Les tribunaux militaires ne sont pas compétents pour juger des mineurs pour de pareilles accusations. L’espoir renait, mais depuis le nouveau procès est sans cesse ajourné - six fois depuis le début de l'année -, pour des motifs fallacieux, selon Me Nestor Toko. Il dénonce des manoeuvres dilatoires. « Je suis exaspéré, nous avons des clientes qui aspirent à être jugées. J'ai le sentiment que ce renvoi a été fait pour me décourager et ce d'autant que je pars de Douala où je fais 48h de route pour me retrouver à Mokolo. » La prochaine audience dans ce dossier est donc fixée... au 24 juillet prochain.

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