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Éthiopie: l’assassinat d’un célèbre chanteur oromo provoque des heurts à Addis-Abeba

Une vue d'Addis-Abeba, en Ethiopie (photo d'illustration).
Une vue d'Addis-Abeba, en Ethiopie (photo d'illustration). ©GettyImages
Texte par : RFI Suivre
3 min

Des manifestations ont éclaté mardi 30 juin dans plusieurs villes du pays, suite à l’assassinat lundi soir d’un célèbre militant et chanteur oromo, Hachalu Hundessa. Des affrontements ont opposé militants de la cause oromo aux forces de sécurité. Aucun bilan humain n’est disponible, mais selon des sources médicales, plusieurs personnes sont mortes par balles.

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Hachalu Hundessa est mort à l'hôpital dans la nuit. L'image de son corps sous une couverture a très vite circulé sur les réseaux sociaux. Il faut dire que ce jeune homme de 34 ans était une idole, et pas seulement parce qu'il avait un beau sourire et des chansons entraînantes : il était aussi un militant de la cause du peuple oromo et de ses malheurs depuis deux siècles, dans un ensemble éthiopien où il s'estime maltraité.

Mais aux alentours de 21h30 lundi soir, sa voix s'est définitivement tue. On ignore encore les circonstances exactes de son assassinat. Ce qui est sûr, c'est qu'un ou plusieurs tireurs l'ont pris pour cible dans la rue, devant un complexe immobilier récent, dans une banlieue sud d’Addis-Abeba, selon la police.

Le Premier ministre Abiy Ahmed, lui-même oromo mais contesté au sein de sa nation d'origine, a aussitôt exprimé son « chagrin » devant la perte de « cette précieuse vie ». Il a ordonné un rapport d'enquête rapide, de même que la procureure générale éthiopienne, Adanech Abebe, qui a juré que « personne n'échapperait à la justice ».

Mardi matin, le corps d'Hachalu Hundessa devait être rapatrié dans son fief d'Ambo, à l'ouest d'Addis-Abeba. Selon un témoignage, de jeunes oromos ont empêché son départ de l'hôpital et exigé des funérailles nationales pour celui qui est vu comme un martyr de la cause patriotique.

Heurts dans plusieurs villes

Des foules de manifestants provenant de la région Oromia ont ensuite convergé vers la capitale, Addis Abeba. Même mobilisation dans les villes de Chiro et d’Adama, dans le centre du pays, où les jeunes ont exprimé leurs sentiments de tristesse et de colère suite au décès de leur icône. Au milieu des slogans de protestations, les manifestants ont entonné des chants d’Hachalu, évoquant la répression politique.

Cette mobilisation a été marquée par de violentes échauffourées entre forces de l’ordre et manifestants. Autre point de tension : l’arrestation, signalée par le media indépendant Oromo Media Network, d'une figure politique d'opposition, Jawar Mohamed.

Pour l'heure, aucun bilan officiel n’est disponible. Des sources médicales citées par l’AFP évoquent l’existence de personnes blessées par balles. L’ONG Amnesty international mentionne des « informations sur la mort de plusieurs personnes lors des manifestations », sans pouvoir confirmer leur nombre et les circonstances de leur décès.

La police affirme avoir entamé une enquête sur le meurtre d’Hachalu Hundessa. Le chef de la police d’Addis Abeba, a indiqué à des médias locaux, que des « suspects » ont été arrêtés.

Hachalu était aussi très instruit sur l'Histoire et très conscient d'un point de vue politique. C'était quelqu'un qui était très franc sur les injustices de son temps, particulièrement celles que subit le peuple oromo. Il n'était pas seulement un artiste qui utilisait son talent pour gagner sa vie, mais qui utilisait aussi son influence pour parler pour ceux qu'il estimait bâillonnés.

Tsedale Lemma

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