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Libye: les causes de l’enlisement

Les forces de l'armée nationale libyenne à Bengazhi. (Illustration).
Les forces de l'armée nationale libyenne à Bengazhi. (Illustration). Abdullah DOMA / AFP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Alors que la tension monte à Syrte, les différents pays impliqués ne parviennent pas à un cessez-le-feu.

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Les pays impliqués ont des intérêts économiques opposés et des enjeux qui sont autant d’ordre économique que géostratégique pour accroître chacun leur influence en Afrique et en Méditerranée, donc sur le flanc sud de l’Europe, explique Houda Ibrahim, du service Afrique de RFI.

La Libye est un pays riche en gaz et en pétrole, en plus d’autres richesses en matières premières et de sa position stratégique en Afrique du Nord. La concurrence pour partager ce gâteau libyen est donc à son comble, chaque pays cherchant à accroître son influence en soutenant une partie ou une autre de la lutte libyenne. 

Mais il est clair aujourd’hui que parmi les 11 pays cités par l’ONU qui interviennent directement en Libye, c’est la Turquie qui met le plus de moyens en armes et en mercenaires. Elle engage aussi son armée et son service de renseignement sur le terrain libyen. Une « mentalité destructrice », a dénoncé le président français Emmanuel Macron à Berlin en début de cette semaine. « C’est la France qui est destructrice en Libye », a ensuite répliqué Ankara.

La communauté internationale divisée sur la Libye

L’Europe et l’Otan sont aujourd’hui devant un défi stratégique imposé par Recep Tayyip Erdogan. Le président turc risque le tout pour le tout et au contraire des Européens, il a en main plusieurs cartes pour faire la pression sur l’Europe. A commencer par celle des migrants, de la Turquie vers la Grèce, mais aussi de la Libye vers l’Italie. 

Selon l’Observatoire syrien des Droits de l’homme, 400 combattants syriens, dont la majorité sont des extrémistes issus de l’organisation terroriste al-Nosra, sont d’ores et déjà en Europe. L’Europe ne parvient donc pas à imposer une solution, affaiblie par ses divisions, et possède peu de marge pour imposer ses choix en Libye. L’Otan pâtit également de ses divisions, qui se sont manifestées à plusieurs reprises sous la coupole du Conseil de sécurité des Nations Unies. Toutes ces divergences sur le dossier libyen compliquent davantage la sortie de crise.

Le poids régional d’Ankara et son pouvoir de nuisance en Libye a été sous estimé jusqu’à l’été dernier

Ankara a des visées sur le pétrole libyen et sur le gaz à l’est de la Méditerranée, au large de la Libye. Elle s’oppose aujourd’hui à un cessez-le feu et à un retour aux négociations politiques. Elle veut gagner la bataille de Syrte à tout prix. Face à elle, les 27 sont désunis. Syrte est une ville stratégique du croissant pétrolier. Elle est aussi située sur la route vers les champs pétroliers du sud de la Libye, les plus grands du pays, et possède un port très important.

Cette crise libyenne a donc débordé en mer Méditerranée et menace aujourd’hui d’une guerre régionale. Comme en Syrie, la Turquie veut mettre la main sur les hydrocarbures libyens. Elle a fait de son alliance discutable avec le gouvernement du GNA, dirigé par Fayez al-Sarraj, un moyen pour dominer le pays. Le président turc veut faire de la Libye le premier pays d’investissement pour Ankara, y implanter des bases militaires et s’installer dans la durée. Pour lui, la Libye est un pont pour l’Afrique. La Turquie se pose comme concurrente militaire et économique à ses adversaires en Libye, y compris avec son allié de circonstance, la Russie. Si la guerre en Libye ne se termine pas, c’est parce qu’elle est d’abord une guerre économique.

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