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La France rend à l’Algérie les restes de 24 résistants tués lors de la colonisation

Images de la télévision algérienne montrant les restes de résistants algériens tués lors de la colonisation arrivant à Alger, le 3 juillet 2020.
Images de la télévision algérienne montrant les restes de résistants algériens tués lors de la colonisation arrivant à Alger, le 3 juillet 2020. Roy ISSA / AFP / Algerian TV
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune, en personne, accueille ce vendredi 3 juillet, au Palais de la culture d’Alger, les crânes de 24 insurgés tués au début de la période de la colonisation française. Ils sont arrivés ce midi dans le pays après avoir été restitués par la France à la suite d'une demande officielle faite par les autorités algériennes en 2018.

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Ce sont les restes - notamment les crânes - de 24 chefs de la résistance populaire et de leurs compagnons de lutte qui ont été acheminés par avion militaire ce vendredi vers l'Algérie.

Ces insurgés ont été tués au début du XIXe siècle par les troupes françaises, venues coloniser leurs pays. Ils avaient alors lutté et combattu de toutes leurs forces pour défendre la souveraineté de l'Algérie. 

Entre 1838 et 1865, la lutte contre l'occupation française fait de nombreux morts côté algérien. De braves combattants sont fusillés par les colonisateurs, puis décapités en guise de représailles.

Ensuite, pour éviter que leurs sépultures ne deviennent un symbole de résistance pour la population locale, leurs crânes sont transférés en France. Ces restes mortuaires, considérés comme des trophées de guerre par l'armée française, ont été conservés jusqu'à ce jour dans des cartons au musée de l'Homme à Paris.

L'Algérie a été colonisée par la France de 1830 à 1962. Près de 60 ans après l'indépendance du pays, et plus de 170 ans après leur mort, les crânes de ces combattants anticoloniaux algériens retournent enfin sur leurs terres natales.

Un geste d'Emmanuel Macron

Pour l'historien Gilles Manceron, spécialiste de l'histoire coloniale française, il s'agit clairement d'un geste du président francais Emmanuel Macron. « Il a fait, à plusieurs reprises, des déclarations allant dans le sens de la reconnaissance du passé franco-algérien, de la violence de la colonisation. Il en avait même fait une à la veille de son élection. En février 2017, il avait été à Alger, parler de la colonisation comme étant un crime contre l'humanité. Ensuite, en septembre 2018, il avait fait cet acte important auprès de Josette Audin, la veuve de Maurice Audin, en disant qu'il avait été assassiné par des militaires français  »

« Mais d'un autre côté, poursuit l'historien, on en attend davantage, et il y a eu ce phénomène très important de la fermeture des archives de la guerre d'Algérie, qui n'est pas forcément due à sa propre décision. Mais ça devrait être consultable, or ça ne l'est pas. Donc peut-être a-t-il voulu donner un nouveau signe, allant dans le sens de ses premières déclarations de 2017 ou 2018. »

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