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Des combattants yéménites dans la guerre libyenne?

Soldat du gouvernement d'union nationale, sur la ligne de front près de Misrata, le 3 février 2020.
Soldat du gouvernement d'union nationale, sur la ligne de front près de Misrata, le 3 février 2020. EUTERS/Ayman Al-Sahili
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Poussé par Ankara, le camp de Fayez el-Sarraj cherche à tout prix à reprendre Syrte en amont de toutes négociations politique ou militaire. Dans le même temps, la Turquie, qui a déjà envoyé de nombreux combattants et drones, envoie de nouveaux mercenaires provenant du Yémen.

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En Libye, l’offensive du maréchal Haftar sur Tripoli a été un échec mais a accru l’implication directe de plusieurs pays étrangers dans la guerre. Des Russes, des Soudanais et des Tchadiens ont renforcé les rangs de l’armée nationale libyenne (ANL) de Haftar. Des mercenaires turcs et des milliers de supplétifs syriens ont été envoyés par la Turquie pour épauler les milices fidèles au gouvernement d’union nationale (GNA) dirigé par Fayez el-Sarraj. Plus nombreux et avec des armes plus modernes, ces mercenaires syriens ont changé l’équation sur le terrain.

Accord des Turcs avec les islamistes d'Islah

À ces Syriens s’ajoutent maintenant des Yéménites. Un premier groupe de mercenaires yéménites de 200 hommes envoyé par la Turquie a atterri à Tripoli au début de la semaine, explique notre journaliste Houda Ibrahim. L’information est étayée par plusieurs sources. L’accord passé entre les renseignements turcs et le parti islamiste yéménite Islah serait le suivant : « Aidez-nous en Libye et on vous aidera au Yémen ».

Le parti Islah est le bras armé le plus puissant des Frères musulmans au Yémen. Selon plusieurs observateurs, ce parti islamiste veut nouer une alliance avec Ankara qui se préparerait à intervenir militairement au Yémen. Selon ces sources, les Turcs veulent reproduire sur le terrain yéménite le scénario libyen, exactement comme ils ont fait en Libye en reproduisant le scénario de leur intervention en Syrie.

Dans ce jeu d’alliances, la Turquie fait bloc avec le Qatar, soutien des Frères musulmans face à un autre groupe formé des Émirats arabes unis, de l’Arabie Saoudite et de l’Égypte.

►À lire aussi : Libye: les causes de l’enlisement

Un voyage par la Turquie pour atterrir à Tripoli

Selon différentes sources au Yémen et en Libye, les mercenaires yéménites ont d’abord été entraînés dans le camp Hamad, à Yafrus dans la région de Taiz au Yémen. Puis ils ont été transportés à Ankara comme étant des blessés de guerre alors qu'ils ne le sont pas vraiment, pour être finalement transférés à Tripoli.

La première information sur des mercenaires yéménites en Libye remonte à plus de trois semaines. L’ANL a alors diffusé une vidéo censée illustrer la capture de combattants capturés lors des affrontements aux abords de Tripoli. Trois d’entre eux se présentaient comme Yéménites. L’un d’eux disait venir de la ville de Taiz et un quatrième affirmait qu’il était Tunisien.

Dans sa première réaction à ses informations Abdelwahab Al Ansi, le secrétaire général du parti Islah a cependant nié la participation de ses combattants dans la guerre en Libye. Il a affirmé au quotidien saoudien Asharq Al Awsat que ses combattants « arrivent à peine à suffire à la guerre au Yémen » et que ses allégations visent à nuire à son parti.

Du point de vue de plusieurs chercheurs français, il est également difficile d’imaginer dans la pratique une exfiltration récente de combattants depuis le sud du Yémen vers la Turquie. « Si des Yéménites ont bien été envoyés par la Turquie en Libye, il pourrait s’agir dans ce cas d’anciens combattants réfugiés depuis plusieurs années en Turquie. », avance, avec réserve, François Frison-Roche chercheur au CNRS.

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