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Polémique autour de la restitution par la France d'une «couronne» malgache

La reine Ranavalona III qui a régné sur Madagascar à la fin du XIXe siècle.
La reine Ranavalona III qui a régné sur Madagascar à la fin du XIXe siècle. Domaine public
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Les autorités malgaches demandent officiellement la restitution par la France de la couronne de la dernière reine de la Grande Île, Ranavalona III, qui a gouverné à la fin du 19e siècle. Alors que le pays était annexé par la France en 1896, la souveraine est déposée l’année suivante et exilée. Elle meurt à Alger en 1917. Un projet de restitution était en cours, mais il a été annulé.

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Dans une lettre adressée au président français en date du 20 février 2020, le président Andry Rajoelina demande « la restitution de la couronne royale » de Ranavalona III, « ainsi que l’intégralité des biens culturels malgaches présents sur le territoire français ». « Il est temps que les Malgaches se réapproprient leur histoire et ses symboles », explique le chef de l’État.

Une couronne qui n'en est pas une

Selon le journaliste et historien de l’art Didier Rykner, qui a enquêté sur le sujet, l’objet dont parle le président malgache n’est pas une couronne, mais le sommet du trône de la reine, fait de zinc et de tissus. La véritable couronne de la reine, en or, a été volée à Antananarivo en 1991.

Joint par RFI, la ministre de la Communication et de la Culture, Lalatiana Rakotondrazafy admet que la couronne réclamée n’en est pas une. Mais qu’importe, ce qui compte c’est le symbole. C’est une question d’identité nationale.

Antananarivo réclame une restitution pleine et entière

L’objet était attendu pour la fête de l’indépendance le 26 juin dernier. Mais alors qu’il avait déjà quitté le Musée de l’armée à Paris où il était conservé, prêt à s’envoler pour la Grande Île, les autorités malgaches ont décidé de tout arrêter.

►À lire aussi : Quels actes concrets dans la restitution des œuvres d’art à l’Afrique ?

Selon Lalatiana Rakotodrazafy, l’accord avec la France n’était pas satisfaisant. En effet, la loi française ne permet pour l’instant qu’une restitution temporaire. En fait, un prêt de très longue durée. Il était prévu que la législation évolue, mais avec la crise sanitaire et économique, ce n’est plus à l’ordre du jour. Or, côté malgache, on souhaite une restitution pleine et entière. Des négociations sont toujours en cours, selon la ministre malgache.

Contactée par RFI, Lova Hasinirina Ranoromaro, directrice de cabinet de la présidence de la République de Madagascar se dit confiante.

« Des échanges sont en cours en ce moment entre l’ambassadeur de France à Madagascar et le ministre français des Affaires étrangeres français, Jean-Yves Le Drian, et les ministres malgaches des Affaires etrangères et de la Culture. Il y a plusieurs étapes et nous préférons que toutes les procédures de restitution soient mises en place, plutôt que d’avoir un prêt temporaire. Il n’y a pas de blocage et nous sommes confiants pour une restitution d’ici le mois d’octobre. Nous avons vu qu’il y a une vraie volonté de la France de rendre cet objet », a déclaré Lova Hasinirina Ranoromaro.

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