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L’Algérie célèbre son indépendance et demande à la France des excuses

Les restes de resistants algériens tués lors de la colonisation arrivent à Alger, le 3 juillet 2020.
Les restes de resistants algériens tués lors de la colonisation arrivent à Alger, le 3 juillet 2020. Roy ISSA / AFP / Algerian TV
Texte par : RFI Suivre
4 mn

L’Algérie a enterré, ce dimanche 5 juillet, jour anniversaire de son indépendance, les restes de vingt-quatre combattants anti-coloniaux restitués par la France. Les têtes décapitées de 24 Algériens tués par les Français au 19e siècle, ont été inhumées au cimetière d’El Alia, en présence du chef de l’État algérien, Abdelmadjid Tebboune. Lors d’une interview accordée à France 24, le président algérien dit attendre des excuses de la France pour les crimes coloniaux.

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La déclaration du président Tebboune survient en pleine célébration du 58e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, une indépendance payée au prix fort avec des centaines de milliers d'Algériens tués pendant la colonisation française.

La déclaration du chef de l’État algérien intervient également au moment où Paris a restitué les 24 crânes de ces combattants tués, au début de la colonisation française. Abdelmadjid Tebboune attend des excuses de la France, pour pacifier les relations entre les deux pays. Il revient sur la question du passé colonial, hautement sensible, et ainsi sur la mémoire, une question majeure des relations entre Paris et Alger.

« Je pense que nous avons déjà reçu des demi-excuses. Il faut faire un autre pas. Il y a eu déjà des commentaires très favorables à ce que demandent les Algériens, de la part de beaucoup de responsables français. On a parlé. Maintenant, en France, on parle de massacres, chose qui était prohibée, il n’y a pas longtemps. C’est pour cela que je vous dis, qu’avec le président Macron, sans aucune animosité, sans haine, dans le respect le plus total des deux Etats, on doit affronter ce problème de mémoire qui hypothèque beaucoup de choses dans les relations entre les deux pays. Cela permettra d’apaiser le climat et le rendre plus serein pour des relations économiques, culturelles et pour des relations de voisinage. Et puis, nous avons aussi près de six millions d’Algériens qui vivent en France qui peuvent amener quelque chose là-bas et ici », a déclaré le président Abdelmadjid Tebboune.  

La restitution des vingt-quatre crânes des résistants décapités au XIXe siècle et entreposés à Paris, est présentée par tous comme une avancée dans les relations entre la France et l’Algérie. Cependant, pour Tramor Quemeneur, professeur à l'université Paris VIII, spécialiste de la guerre d'Algérie et qui était co-signataire de la pétition qui demandait le retour de ces crânes en Algérie, cette restitution et les cérémonies qui l'ont entourée gardent un goût amer.

Je le vois aussi à l’aune de tout ce qui se passe aujourd’hui en Algérie. Le mouvement le Hirak qui se déroule depuis plus d’un an qui évidemment a abouti à une répression qui est de plus forte, avec des arrestations de démocrates algériens, cela évidemment me pousse à penser qu’encore une fois en Algérie, le passé a tendance à oblitérer complètement le présent.

Tramor Quemeneur, professeur à l’université Paris VIII et spécialiste de la guerre d’Algérie

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