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Comores: tensions politiques autour des célébrations de l’indépendance

L'île d'Anjouan aux Comores.
L'île d'Anjouan aux Comores. CC BY-SA 3.0/Haryamouji/Wikimedia Commons
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Les Comores célèbrent, lundi 6 juillet, leur 45e fête de l'indépendance. Le président Azali a décidé d'organiser une cérémonie sur l'île d'Anjouan, sous haute sécurité, où il a déjà été visé par deux tentatives d'assassinat. C'est aussi d'Anjouan qu'aurait dû être issu le prochain chef de l’État si le référendum de 2018 n'avait pas permis au président Azali de briguer deux nouveaux mandats. Ses opposants politiques ont annoncé leur intention d'organiser leur propre cérémonie, celle-ci sur la Grande Comore. Les autorités ont multiplié les avertissements et les mises en garde pour les dissuader de le faire.

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Avec notre correspondante à Moroni,  Anziza M’Changama

L’organisation de cette 45ème fête de l’indépendance à Anjouan est symbolique puisque c’est de là-bas qu’aurait dû être issu le président de la République en 2021. Le directeur de cabinet du chef de l’État a récemment fait une sortie cinglante à ce propos en affirmant que « ceux qui évoqueront 2021 devraient faire leur testament d’abord ». Les ministres l’ont martelé ces derniers jours : « il n’y aura pas d’élections en 2021. »

Alors le président va probablement évoquer la crise sanitaire avec l’allègement de certaines mesures.

Par ailleurs, un remaniement ministériel est attendu puisque des ministres élus députés en début d’année ont pris leur fonction à l’Assemblée nationale depuis le mois d’avril. Enfin la réouverture des frontières pourrait également être à l’ordre du jour. Des ressortissants comoriens sont toujours bloqués à l’étranger.

Le porte-parole du gouvernement a annoncé un comité restreint de 250 personnes. C'est « beaucoup trop », répond l'opposition qui rappelle que le pays est toujours en état d'urgence sanitaire, puisque sous couvre-feu à 20h00. Ce dernier est perçu d’autant plus péniblement que la population comorienne n’est guère noctambule alors que les déplacements en journée, nombreux eux, ne sont pas contrôlés.

L'opposition avait d'ailleurs appelé à une contre-cérémonie, ici, en Grande Comore aux abords de la capitale, une épine dans le pied du gouvernement qui avait déjà transféré un important contingent militaire pour le dispositif de sécurité déployé sur l’île d’Anjouan.

Plusieurs communiqués ministériels et arrêtés préfectoraux rappelant l’interdiction de rassemblements de plus de vingt personnes ont été diffusés. Le procureur de la République a également tenu, samedi 4 juillet, un bref point de presse durant lequel il a cité nommément quatre personnalités de l’opposition accusées de fomenter des troubles à l’ordre public, en prévoyant de s’attaquer notamment à des ministères, le lundi 6 juillet.

Deux de ces quatre personnalités de l’opposition ont été entendues par les gendarmes, dans la foulée. Si aucune infraction n’a été constituée, cette intervention du procureur souligne bien les tensions qui pèsent sur la fête de l’indépendance comorienne.

► À lire aussi: Elections aux Comores: la Cour suprême confirme la victoire d’Azali Assoumani

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