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Reportage

Madagascar: un retour au confinement impossible pour de nombreux habitants de Tana

Malgré le déploiement de forces de l'ordre dans la capitale, Antananarivo, de nombreux habitants n'ont pas respecté le confinement.
Malgré le déploiement de forces de l'ordre dans la capitale, Antananarivo, de nombreux habitants n'ont pas respecté le confinement. Laetiticia Bezain/RFI
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Madagascar a vécu son premier jour du retour au confinement pour Antananarivo et sa région l’Analamanga. La capitale et ses environs fait face à un regain de propagation de Covid-19. Si elle recensait quelques dizaines de cas quotidiennement, depuis la semaine dernière, ce sont des centaines de cas par jour qui sont rapportés dont 303, ce lundi 6 juillet. Au total, la Grande Ile compte 3 250 personnes atteintes du coronavirus dont 33 décès. Deux mois et demi après avoir retrouvé le droit de circuler et de travailler, les Tananariviens doivent donc rester chez eux. Une mesure que les habitants, qui pour la plupart vivent au jour le jour, ne peuvent respecter.

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Avec notre correspondante à Antananarivo, Laetitia Bezain

Des habitants qui vaquent à leurs occupations et des embouteillages au milieu des blindés, camions et pick-up des forces de l’ordre. Si 500 militaires ont été déployés dans les rues pour faire respecter les mesures de confinement, ils peinent à se faire entendre par la population. Dans le centre de la capitale, sur le rebord d’un escalier Albert a installé comme chaque jour son stand de vente de lunettes: « Ce n’est pas une solution de forcer les gens à rentrer chez eux parce que chacun doit manger et faire vivre sa famille, payer son loyer... Jusqu’à maintenant, on n’a rien vendu parce que les policiers nous courent après et on doit se cacher et revenir ici ensuite. Ils nous ont dit de rentrer chez nous et on leur a répondu qu’on ne peut pas se confiner alors qu’on n’a rien à manger ».

Des centaines de petits commerçants de rue ont bravé l’interdiction de sortir malgré la suspension des transports en commun et la recrudescence du coronavirus, notamment dans le 1er arrondissement, l’un des plus touchés. C’est le cas d’Irène qui tente de vendre des tissus: « J’ai peur mais je n’ai pas le choix. Si nous ne sortons pas, ce n'est pas de la maladie que nous allons mourir mais de faim ! Nous n’avons pas d’économies ! Qu’est-ce qu’on va faire si on ne peut plus manger ? Se voler les uns les autres ? ».

Un retour au confinement que d’autres approuvent comme Voahirana retraitée: « C’est la seule solution mais on en serait pas là si le premier confinement avait été strict et les contrôles plus drastiques ».

Les contrôles se sont renforcés dans l’après-midi avec des barrages dans certains quartiers. L’effervescence habituelle de la ville est retombée aux alentours de 14h00.

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