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Crise politique au Mali: le président IBK propose de reformer la Cour constitutionnelle

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta.
Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta. Issouf Sanogo/AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Le président malien a tenu un discours, mercredi soir tard dans la nuit, à la télévision nationale. En pleine crise politique, le chef de l’État propose de reformer la Cour constitutionnelle, critiquée par une partie des Maliens depuis l’annonce des résultats des élections législatives. C’est la troisième fois que le président s’adresse à la nation depuis la première manifestation du M5, un mouvement de contestation qui réclame sa démission.

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Avec notre correspondante à Bamako, Coralie Pierret

Annoncé en début de soirée, le président Ibrahim Boubacar Keïta s’est finalement adressé tardivement à son peuple vers minuit en heure locale sur la chaîne nationale, l’ORTM. Parmi les annonces attendues : la question du remplacement des membres de la Cour constitutionnelle.

Depuis la démission d’au moins quatre juges début juin, cette haute juridiction est à l’arrêt. « La Cour constitutionnelle sera remembrée dans les heures ou les jours à venir », a annoncé le chef de l’État, admettant que « l’arbitrage du dernier scrutin par la cour sortante a posé problème et continue à poser problème. » Car les résultats des élections législatives ont été contestés par une partie de l’opinion qui dénonce des fraudes flagrantes.

Ces contestations, dans plusieurs villes du pays, ont abouti à la création du M5, un mouvement qui multiplie depuis début juin les manifestations. Un troisième rassemblement est d’ailleurs annoncé pour ce vendredi, soutenu par l'imam Dicko.

Mais ni la démission du chef de l’État, ni la dissolution de l’Assemblée nationale ou le changement de Premier ministre ne sont à l’ordre du jour, selon le discours du président IBK. Des revendications pourtant réclamées par l’opposition, dans son mémorandum du 30 juin.

On avait espéré que pour une fois, le président IBK allait essayer d’être une partie de la solution à la crise malienne. Mais on a compris définitivement que c’est lui le problème. Le discours ne fait que confirmer l’image qu’il donne. Il est plus préoccupé à se maintenir au pouvoir que de trouver des solutions.

Moussa Sinko

Le pays tourne au ralenti

Depuis quasiment un mois, le Premier ministre Boubou Cissé - qui a démissionné de le 11 juin dernier et a été aussitôt reconduit à son poste - n’arrive pas à former le gouvernement d’union nationale. Sans gouvernement, empêtré dans une crise politique, le pays tourne au ralenti, souligne notre correspondant à Bamako, Serge Daniel.

Sans ministres, ce sont les secrétaires généraux des départements qui gèrent les affaires courantes. Mais ils ne font pas vraiment tourner la machine. Il n’y a pas de budget disponible. Le logiciel de la dépense publique au Mali est quasiment bloqué. Et dans des ministères il n’y pas plus une seule goutte d’essence pour les véhicules officiels. Dans cinq départements ministériels visités ce jeudi, le courrier s’entasse et des fonctionnaires sont absents.

Le Premier ministre Boubou Cissé a dit-on ici, déjà des noms devant des portefeuilles ministériels, mais le président IBK veut un gouvernement d’union nationale. Comment convaincre l’opposition d’y faire son entrée ? Voilà probablement le casse-tête du jour. Les opposant sont clairs : « c’est une mesure cosmétique que de rentrer dans un gouvernement », estiment-ils, et d’ajouter : « C’est toute la baraque politique qu’il faut casser ».

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