Accéder au contenu principal

Disparition d'Amadou Coulibaly: quelles conséquences pour la présidentielle ivoirienne?

Palais présidentiel d'Abidjan, capitale économique de la Côte d'Ivoire.
Palais présidentiel d'Abidjan, capitale économique de la Côte d'Ivoire. Présidence de la République de Côte d'Ivoire/Wikimedia/CC 4.0
Texte par : RFI Suivre
4 mn

La disparition du candidat du RHDP à la présidentielle d'octobre va rebattre les cartes du champ politique, notamment pour ce parti, et ouvrir un certain nombre de questions à quatre mois du scrutin.

Publicité

Pour l’instant, tous les scénarios sont ouverts et peu de gens souhaitent s’avancer sur des noms. D’abord, parce que ces noms n’ont peut-être pas envie d’être tout de suite mis sur la place publique dans ces circonstances. Les questions restent ouvertes finalement. Globalement, est-ce que ce décès soudain, aussi, est de nature à chambouler un calendrier électoral serré, d’ici au 31 octobre ? Tout le monde est dans l’incertitude.

Désormais orphelin, le RHDP doit trouver une ou un remplaçant crédible et légitime au défunt Amadou Gon Coulibaly. Parmi les personnalités considérées comme présidentiables, on peut citer le vice-président Daniel Kablan Duncan, le secrétaire général de la présidence Patrick Achi, ou encore le ministre de la Défense et Premier ministre par intérim Hamed Bakayoko.

« Monsieur Hamed Bakayoko est arrivé dans son périmètre depuis 1990. Il est quand même ministre d’État, ministre de la Défense. Je pense qu'il bénéficie des faveurs du président de la République. Au-delà du ministre d’État, dans l’entourage du président Alassane Ouattara, il a démontré sa capacité à faire appel à certaines compétences qui lui sont propres et qui ont fait leurs preuves », analyse Sylvain Nguessan, de l’Institut stratégique d’Abidjan.

Mais le principal atout du défunt chef du gouvernement, c’était justement sa stature de président bis au sommet de l’État qui lui aurait permis de revendiquer en grande partie le bilan de son mentor Alassane Ouattara.

Á écouter aussi : Venance Konan, invité Afrique ce jeudi: « Ouattara considérait Gon Coulibaly comme son fils, son fidèle compagnon »

Vers une nouvelle candidature du président Ouattara ?

Ce dernier n’est d’ailleurs pas à exclure de la liste des candidats potentiels. L’actuel chef de l’État a souvent répété que la Constitution l’autorisait à se présenter pour un troisième mandat. « Si un tel revirement entacherait sa crédibilité, c’est possible. C’est possible qu’il y ait un retour en arrière, dans la mesure où celui qu’il a choisi n’est plus, a été rappelé à Dieu », analyse le politologue Sylvain NGuessan.

Pour Francis Akindès, professeur de sociologie à l'université de Bouaké, ce scénario n’est effectivement pas à exclure : « Il est le seul face à cette décision. Si on se rappelle ce qu’il disait il y a quelque temps, c’est que si l’un de ses challengers, Monsieur Henri Konan Bédié, se représentait, il se donnait le droit de se représenter, parce que la modification de la Constitution lui donnait cette possibilité. Seulement dans ce cas, il ferait entorse à son souhait de renouvellement de génération politique. Est-ce que les enjeux du moment peuvent l’amener à se dédire sur ce point ? »

Aujourd’hui toutes les options sont en effet sur la table, explique le directeur exécutif du RHDP Adama Bictogo. « En tant que parti, nous ferons part au président du parti de la position du parti. Après cet évènement douloureux, le parti se fera fort de refaire son analyse et fort de cette analyse, si l’option c’est que ce soit lui ou un autre, le parti se fera fort de le lui traduire. Tout est possible. C’est un grand homme le président. Affectivement, il est touché mais devant le sens de la responsabilité, le président se doit d’écouter la base militante. La base va s’exprimer et c’est cette base qu’il lui donnera son orientation. La dernière décision lui revient. »

Si le RHDP se retrouve fragilisé, il garde ses chances face à une opposition divisée dont la stratégie de conquête reste encore floue. Au PDCI, c’est un Henri Konan Bédié, octogénaire, qui est candidat. Au FPI, les divisions internes sont toujours de mise. Quant à l’ancien président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro, il est toujours en exil à Paris depuis que les autorités ivoiriennes ont émis un mandat d'arrêt contre lui en décembre 2019.

Á lire aussi : Politiques et anonymes, sympathisants ou opposants: l'hommage unanime des Ivoiriens à Amadou Coulibaly

Décès d'Amadou Gon Coulibaly en Côte d'Ivoire: réécoutez notre édition spéciale de ce jeudi matin avec nos invités et correspondants

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.