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RDC: plusieurs morts en marge de manifestations à Kinshasa et Lubumbashi

Précédente mobilisation contre la nomination de Ronsard Malonda à la tête de la Céni, le samedi 4 juillet 2020 à Kinshasa.
Précédente mobilisation contre la nomination de Ronsard Malonda à la tête de la Céni, le samedi 4 juillet 2020 à Kinshasa. RFI/Pascal Mulegwa
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Il y a eu au moins trois morts, ce jeudi, dans la dispersion de la marche des partis de la coalition présidentielle à Kinshasa pour contester l’entérinement par l’Assemblée nationale du choix controversée de Ronsard Malonda à la tête de la Commission électorale (Céni). La marche était interdite par le gouvernement pour des raisons de crise sanitaire liée au Covid-19, mais le parti présidentiel a maintenu son mot d’ordre. Un rassemblement similaire a eu lieu aussi à Lubumbashi  avec un bilan de trois morts aussi.

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Avec nos correspondants à Kinshasa, Pascal Mulegwa et Kamanda Wa Kamanda

Au début de la marche interdite par le gouvernement, la police a encadré plusieurs milliers de manifestants le long du boulevard Lumumba, mais cela n’a pas suffi pour éviter des débordements. Pneus brulés sur la chaussé, au passage, un siège du PPRD, le parti de joseph Kabila, est vandalisé et incendié. Certains parmi les marcheurs s’en sont même pris à des journalistes. Du matériel et des téléphones ont été emportés.

Comme pour la manifestation des mouvements citoyens, samedi dernier, la police a dispersé la manifestation à près d’un kilomètre du siège du Parlement où le dispositif sécuritaire a été renforcé. Le commissaire général adjoint de la police était sur place. En sa présence, des manifestants ont été gazés, d’autres ont été interpellés avant d’être relaxés. Aux projectiles et cocktail molotov, la police a répondu parfois par des tirs de sommation. En milieu d’après-midi, les abords du siège du Parlement ont été dégagés et les manifestants se sont repliés vers des quartiers chauds dans la commune de Kasavubu.

Reconstitués par groupes, ils ont tenu tête à la police avant que l’un des manifestants soit tué par balle. Son corps ensanglanté est resté quelques temps au sol avant d’être amené à la morgue. « C’était sur l’avenue Kanda Kanda, près du palais du peuple, donc, on était mains nues, on a vu un groupe de policiers venir nous attaquer, c’est ainsi que lui a reçu une balle au niveau de l’abdomen », témoigne un manifestant.

La colère de l'UDPS

À 19 heures, la tension est retombée à Kinshasa, la circulation a repris, mais la petite cour de la clinique Bondeko dans la commune de Limete ne désemplissait pas de monde. Deux corps sans vie ont encore été amenés à la morgue. Aux urgences de l’hôpital, quelque 27 manifestants blessés été allongés dans un couloir. Ils ont reçu la visite d'Augustin Kabuya, le secrétaire général de leur parti, l’UDPS. Le responsable politique était particulièrement remonté : « Nous avons connu cette situation quand nous étions dans l’opposition, maintenant que nous sommes au pouvoir, nous n’allons pas accepter, chacun va répondre de ses actes. Ils n’ont rien fait, pourquoi mériter un tel traitement ? Il y a d’autres corps sans vie qui ont été ramassés [Ndlr, par les forces de sécurité] et amenés vers une destination inconnue. »

« Des chimères », réplique –t-on du côté de la police. Le communiqué lu dans la soirée par le porte-parole de la police, le colonel Pierrot Mwanamputu, n’a fait état que d’une seule victime parmi les manifestants. Dans la journée, des officiers affirmaient faire face à des manifestants « très violents ». Certains d’entre eux se seraient accaparés des armes après avoir pris d’assaut un poste de police dans l’est de la ville.

Le bureau de l'ONU aux droits de l'homme sur place affirme qu’un policier a aussi été tué. Pour l’ONG américaine, Human Rights Watch, les autorités congolaises ne devraient pas utiliser l’état d’urgence sanitaire comme prétexte pour restreindre la contestation politique et la liberté d’expression.

Lourd bilan à Lubumbashi

A Lubumbashi également, des manifestants sont descendus dans les rues, scandant des slogans hostiles à Ronsard Malonda accusé d'être « le produit du système ». Mobilisés pour la circonstance, policiers et militaires ont eu du mal à disperser la foule et l'empêcher de se rendre au centre-ville. Ces manifestants, déterminés, ont bravé les barrières... Des coups de feu ont été entendus en plusieurs endroits. Le bilan serait d’un mort et cinq blessés, selon les officiels, de trois morts et au moins une vingtaine de blessés, selon les ONG des droits de l'homme.

Des ONG qui dénoncent l'usage excessif d'armes létales par des militaires, mais qui saluent par ailleurs le professionnalisme avec lequel certains agents de l'ordre, notamment des policiers, ont contenu des manifestants à différents endroits. Plusieurs acteurs politiques et partisans de l'opposition ou de Cach se sont joints à cette marche organisée par l'UDPS en dépit du confinement total de trois jours décrété sur toute l'étendue de la province du Haut-Katanga. Ce confinement devait justement commencer jeudi.

Devant la pression populaire, le gouverneur Jacques Kiabula a suspendu, à partir de ce vendredi, le confinement total pour, dit-t-il, permettre à la population de s'approvisionner. Pour Jean-Claude Muyambo de SCODE, c'est un aveu de l'autorité provinciale. Selon lui, le gouverneur donne raison à ceux pour qui ce confinement était destiné à empêcher la tenue de la marche anti Malonda.

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