Accéder au contenu principal

Mali: l’imam Dicko lance un appel au calme après de nouvelles violences à Bamako

Des barricades ont été dressées à proximité de la mosquée où l'imam Dicko a dirigé une prière pour les victimes des violences de ces deux derniers jours à Bamako.
Des barricades ont été dressées à proximité de la mosquée où l'imam Dicko a dirigé une prière pour les victimes des violences de ces deux derniers jours à Bamako. MICHELE CATTANI / AFP
Texte par : RFI Suivre
5 mn

L'imam Mahmoud Dicko, figure centrale du mouvement de contestation, a appelé au calme après deux jours de violences sur fond de mobilisation contre le président Ibrahim Boubacar Keïta. Ces violences ont fait, selon le dernier bilan, au moins 11 morts depuis vendredi.

Publicité

Entre vendredi – troisième manifestation à Bamako à l'appel du Mouvement du 5 juin – et dimanche midi, les troubles ont fait 11 morts et 124 blessés, selon un dernier bilan de source hospitalière. 

Après une nuit très mouvementée, les violences ont baissé d'intensité dimanche, même si la situation est restée tendue par endroits. Des bornes de bétons rendaient la circulation difficile sur un pont de la capitale, des barricades et des pneus brûlés se trouvaient aussi sur une route qui mène vers l'aéroport.

Un tribunal a été en partie saccagé, ainsi que le siège local du parti présidentiel dans la commune V de la capitale malienne. Et dans le quartier de Badalabougou, épicentre des violences de samedi soir, des centaines de personnes ont assisté aux obsèques de quatre des victimes de la veille. Après l’enterrement, des barricades ont été remontées par les manifestants et quelques tirs de sommation ont été entendus.

Ce sont les forces armées qui ont commencé à tirer sur les gens. On a eu plein de décès ici. S’ils avaient écouté la population, on n’en serait pas arrivé là. Mais la lutte continue, c’est le début du commencement.

Des manifestants et habitants racontent les violences de la nuit à Badalabougou

D'ordinaire, Badalabougou est un quartier résidentiel calme. Mais c'est aussi le siège de l'URD, le parti de Soumaïla Cissé, le lieu de résidence de Manassa Diakono, la présidente contestée de la Cour constitutionnelle et celui de l'imam Mahmoud Dicko. C'est dans les rues entre ces deux maisons que les affrontements ont été les plus violents samedi soir.

L’appel au calme de l’imam Dicko

L’opposition malienne, réunie au sein du M5, a annulé au dernier moment la conférence de presse qu’elle devait tenir ce dimanche. Plusieurs de ses leaders ont participé à l’inhumation de leurs militants tués lors des heurts. L’imam Mahmoud Dicko était présent. Il a lancé un appel au calme.  « Évitons toute sorte de violence », a demandé l'autorité morale des contestataires. Tout en précisant que « la lutte continue ». La lutte « pour la bonne gouvernance », « contre la corruption endémique » et « la lutte pour le refondation du Mali ». 

Je demande, encore une fois, à la jeunesse malienne de faire preuve de retenue et de calme. Nous pouvons vraiment trouver et obtenir tout ce que nous cherchons dans la patience, dans les bonnes manières. Évitons toute sorte de violence.

Imam Mahmoud Dicko

De son côté, le Premier ministre Boubou Cissé s’est exprimé via un communiqué. Il estime que la décision du président IBK d’abroger le décret de nomination des membres de la Cour constitutionnelle rouvrait la voie à l’examen du contentieux électoral, rapporte notre correspondant Serge Daniel.

Un parti de la mouvance présidentielle a par ailleurs condamné un usage excessif de la force et les tirs à balles réelles contre des manifestants. Le Parena appelle notamment au retrait de la force spéciale anti-terroriste du dispositif de maintien de l'ordre et réclame la libération des leaders de la contestation, arrêtés vendredi et samedi.

Maître Amidou Diabaté, vice-président du Parena, au micro de notre correspondante Coralie Pierret: «Les arrestations qui ont eu lieu ne sont pas favorables au dialogue et nous condamnons la répression disproportionnée»

Selon Me Alifa Habib Koné, un de leurs avocats, ils seraient une vingtaine. Ce dernier déplore par ailleurs les difficultés d'accès aux clients, en raison d’une part des problèmes de déplacement dans la ville mais aussi en raison des réticences initiales des autorités. « Les autorités chargées des enquêtes ne les [les avocats] avaient pas autorisé à accéder à leurs clients. Ce qui est un droit constitutionnel. En fin de compte, l’ensemble des avocats ont pu accéder à leurs clients pour les assister. Même s’il y a encore des difficultés pour qu’ils puissent bénéficier de meilleures conditions de détention et d’assistance. »

L’opposant Mountaga Tall interpellé puis relâché

Plusieurs leaders du Mouvement du 5 juin ont été arrêtés entre vendredi et samedi à Bamako. Parmi eux, Choguel Maïga et Mountaga Tall. Ce dernier a été relâché tard dans la nuit de samedi à dimanche. Joint par RFI, il revient sur les circonstances de sa libération.

Le bâtonnier de l’ordre des avocats est intervenu pour rappeler qu’on ne peut pas arrêter ni garder un avocat de cette façon, en raison des règles, non pas maliennes, mais communautaires.

Mountaga Tall, l'un des leaders du Mouvement du 5 juin

► À lire aussi : Mali: le président IBK annonce une «dissolution de fait» de la Cour constitutionnelle

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.