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Mali: les leaders de la contestation libérés

La situation est restée tendue dans le quartier de Badalabougou, fief de l'imam Dicko. Ici, le 12 juillet 2020.
La situation est restée tendue dans le quartier de Badalabougou, fief de l'imam Dicko. Ici, le 12 juillet 2020. MICHELE CATTANI / AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Après une fin de semaine marquée par des troubles violents à Bamako, les leaders de l'opposition au président malien IBK arrêtés ces derniers jours ont été libérés ce lundi 13 juillet. La situation est cependant restée tendue dans la capitale.

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Avec nos correspondants à Bamako, Serge Daniel et Coralie Pierret

« Mes clients, Choguel Maïga, Kaou Djim et tous les autres ont été libérés », a annoncé l'un de leurs avocats, Me Alifa Habib Koné. L'information a été confirmée par l'un de ses confrères. Les autorités maliennes tentent donc peut-être de décrisper la situation. Car après les leaders, ce sont 21 militants de cette opposition en garde à vue qui ont été remis en liberté.  

Parmi les leaders libérés, l'imam Oumarou Diarra. Il dirigeait la prière sur la place de l’indépendance vendredi, le jour de la manifestation du M5, avant d’aller sensibiliser les manifestants amassés dans la cour de l’ORTM. C'est là que les gendarmes l’arrêtent, raconte le président de la commission d’organisation et de mobilisation de la CMAS, le mouvement de l’imam Dicko.

« La première nuit a été un peu difficile, parce qu’il n’y avait pas de natte, d’électricité, ni de toilettes fonctionnelles dans le cellule où j’étais. Quand je suis arrivé, ils m’ont auditionné sans mon avocat. J’ai été interpellé par rapport à la présence de manifestants au sein des édifices publics. »

Il restera trois jours au camp 1 de la brigade de recherche de la gendarmerie aux côtés de l’ancien ministre Choguel Maiga et de Issa Kaou Djim, le coordinateur de la CMAS, tous libres désormais. Mais un autre leader reste introuvable. Clément Dembélé n’a pas donné signe de vie depuis vendredi soir, indique l’un de ses avocats, Maitre Habib Koné. « Des libérations, en attendant d’autres. Parce que nous n’écartons pas que d’autres personnes soient gardées ailleurs sans que nous n’en ayons l’information. »

Selon lui, au moins 35 personnes ont été interpellées depuis vendredi après la manifestation et les heurts, la plupart au commissariat de la commune III de Bamako. D’autres libérations de personnes arrêtées ces derniers jour sont d’ailleurs attendues ce mardi.

Un lundi sous tension

Si la pluie qui s'est abattue sur une partie de la capitale a calmé pendant un temps les esprits, la journée a encore été tendue ce lundi à Bamako. Plusieurs banques sont restées fermées par mesure de précaution, l'administration a tourné au ralenti.

L'épicentre de ces tensions est resté le quartier de Badalabougou, où se trouve la mosquée de l'imam Dicko, le chef de file de l'opposition. Pensant que les forces de l'ordre venaient procéder à des interpellations, de nombreux jeunes y ont dressé des barricades et brûlé des pneus. Les forces de l'ordre ont quant à elles fait usage de gaz lacrymogènes. Ce soir, celles-ci s'employaient à reprendre le contrôle du quartier en dégageant les routes des barricades et des pneus brûlés.

Globalement, la situation s’améliore à certains endroits et reste tendus à d’autres. Par exemple, sur le pont des Martyrs et sur le pont du roi Fadh, on a pu circuler sans grande difficulté dans une partie de la nuit de lundi à mardi. C’est une première depuis 4 jours. Mais à côté des deux ponts, un important dispositif des forces de sécurité a été déployé. A bord de véhicules, gaz lacrymogène en main, les membres des forces de l'ordre étaient plutôt moins nerveux que la veille.

L’imam Mahmoud Dicko s’est exprimé sur Africable, une chaine de télévision privée renouvelant son appel au calme et au dialogue.

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