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Audit du ministère de la Défense au Niger: le directeur du journal «Le Courrier» a été libéré

Les forces de sécurité dans les rues de Niamey au Niger, mars 2020.
Les forces de sécurité dans les rues de Niamey au Niger, mars 2020. Boureima HAMA / AFP
Texte par : RFI Suivre
2 mn

Le journaliste nigérien Ali Soumana, directeur du journal Le Courrier, a été libéré ce mardi, a-t-on appris de son avocat. Il avait été arrêté dimanche dernier par la police judiciaire et avait été placé en garde à vue. On lui reproche d’avoir écrit et diffusé de fausses informations concernant l’affaire de l’audit au ministère de la Défense. Les juges doivent encore dire d'ici quelques jours si l'affaire est classée sans suite, ou si des charges sont retenues contre lui.

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Ali Soumana est le directeur de la publication du journal Le Courrier, qui a publié un article la semaine dernière sur les suites judiciaires de l’affaire de l’audit au ministère de la Défense qui ont coûté 76 milliards de FCFA, selon une première version, ramenés à 24 milliards de FCFA après une enquête de la police judiciaire.

L’article du Courrier affirme que des fournisseurs de matériel militaire, accusés de malversations, seraient actuellement entendus par l’Agence judiciaire de l’État (AJE), une agence chargée de régler les contentieux et de s’entendre à l’amiable, sur les montants à rembourser. Ils échapperaient ainsi aux poursuites, selon le journal.

L’article a été partagé plusieurs fois sur les réseaux sociaux, mais pour Me Ahmed Mamane, avocat d’Ali Soumana, son client n’est pas responsable de cette diffusion puisqu’il ne dispose pas de compte Facebook.

Il affirme aussi que le journaliste n’a pas écrit de fausses informations. « En effet », dit-il, « comment l’Etat et les accusés peuvent-ils se mettre d’accord sur des dommages et intérêt sans que le juge d’instruction n’ait établi s’il y avait bel et bien un préjudice ? » Selon lui, en vertu de la présomption d’innocence, c’est à la justice de dire s’il faut rembourser et combien il faut rembourser, et non pas à une agence étatique.

Joint par RFI, le procureur de la République explique, au contraire, que des accords sur des réparations civiles peuvent être trouvés sans empêcher la procédure pénale en cours. Il rappelle que le doyen des juges d’instruction est d’ailleurs saisi de l’affaire, depuis le 1er juillet.

► À lire aussi: Niger: information judiciaire ouverte contre des fournisseurs du ministère de la Défense

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