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Mali: les experts de la Cédéao proposent au M5 de rejoindre un gouvernement d'union

Des manifestants maliens sur une barricade érigée devant la Mosquée Salam de Badalabougou, où l'influent imam Dicko a donné une prière pour les victimes des heurts entre opposition et force de l'ordre, le 12 juillet 2020 à Bamako.
Des manifestants maliens sur une barricade érigée devant la Mosquée Salam de Badalabougou, où l'influent imam Dicko a donné une prière pour les victimes des heurts entre opposition et force de l'ordre, le 12 juillet 2020 à Bamako. MICHELE CATTANI / AFP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

L'opposition malienne et la mission de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest se sont retrouvés pour la 4e fois ce vendredi 17 juillet pour aider à résoudre la crise politique au Mali. Les experts de l'institution sous-régionale ont proposé à l'opposition notamment de faire partie d'un gouvernement d'union nationale qui engagera les réformes politiques et les poursuites contre les auteurs des civils tués lors des manifestations mais le M5 a rejeté cette proposition.

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Avec notre correspondant à Bamako, Serge Daniel

Après la rencontre avec la mission de la Cédéao au Mali, Choguel Maiga, l’un des porte paroles de l’opposition, a rappelé les propositions qui ont été faites : « Premièrement, le président de la République reste en place. »

Il est également question de désigner les nouveaux membres de la Cour constitutionnelle pour vider le contentieux électorale. « Un gouvernement d'union nationale, c'est la mise en place, poursuit Choguel Maïga. Ils nous ont invités, pour ceux qui sont disponibles, à répondre ici à l'appel qui leur a été lancé. »

Ce gouvernement d'union nationale sera notamment chargé des réformes politiques. Même si l’opposition malienne affirme qu’elle donnera sa réponse officielle à ses propositions après une réunion extraordinaire, on sent déjà des grincement de dents. « Ces propositions ont réduit tout notre combat à des questions électorales », déplore ainsi Choguel Maïga.

L’imam Mahmoud Dicko, personnage incontournable du Mouvement du 5 juin, a été reçu séparément par la délégation de l’institution sous-régionale et s'est dit plutôt optimiste pour la suite. « Ce sont des discussions, je pense, fructueuses, salue-t-il. On s'est vraiment parlé. J'ai l'espoir que, Inch'Allah, quelque chose fait sortir de cela, qui va redonner encore au Mali sa grandeur. » La mission de la Cédéao, qui a travaillé ici d’arrache-pied pendant trois jours, devrait rencontrer ce samedi la presse.

Le M5 durcit le ton

Peu après avoir pris connaissance de ce plan de sortie de crise de la Cédéao, l'opposition malienne l'a rejeté. Joint par RFI, l'opposant Nouhoun Sarr, président du Front africain pour le développement (FAD), l'une des composantes du Mouvement du 5 juin, appelle à poursuivre la mobilisation.

« Le Mouvement du 5 juin, fidèle à son serment de défendre les intérêts supérieurs du peuple malien, a rejeté gentiment mais poliment, cette proposition de la Cédéao. Le Mouvement du 5 juin appelle aujourd’hui l’ensemble du peuple malien à rester mobilisé, déterminé car nous estimons que IBK [Ibrahim Boubacar Keïta] et son régime ne jouissent plus de la légitimité nécessaire pour continuer à présider aux destinées du Mali. Nous appelons le peuple malien à poursuivre le mouvement de désobéissance civile, à poursuivre pacifiquement, sans casse, sans violence, sans brûler quoi que ce soit, à refuser d’obéir au régime actuel, jusqu’à ce que monsieur IBK et son régime renoncent à leur maintien comme dirigeants de ce pays », a-t-il déclaré.

Malgré ce rejet du M5, le médiateur de la Cédéao, Goodluck Jonathan s'est tout de même voulu rassurant ce samedi après-midi. « J'aimerais rassurer le bon peuple malien, celui de la Cédéao, de l'UA et l’ensemble de la Communauté internationale que les discussions n'ont pas échoué. Nous continuons à travailler et nous tiendrons une conférence de presse ce soir ou demain pour faire le point », a déclaré l'ancien président nigérian.

À écouter : Mali: «IBK apparaît comme le symbole de l'échec de l'État malien»

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