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Faune: une nouvelle espèce de lémurien découverte à Madagascar

Le primatologue Jonah Ratsimbazafy, secrétaire général du Groupe d'Etude et de Recherche sur les Primates de Madagascar, vient de donner son nom au dernier lémurien découvert sur l'île, le Microcèbe Jonah.
Le primatologue Jonah Ratsimbazafy, secrétaire général du Groupe d'Etude et de Recherche sur les Primates de Madagascar, vient de donner son nom au dernier lémurien découvert sur l'île, le Microcèbe Jonah. RFI/Sarah Tétaud
3 mn

Il est la 112ème espèce découverte sur la Grande Île et vient d’être baptisé du nom de l’un de ses plus fervents protecteurs. La revue scientifique American Journal of Primatology vient de publier un article annonçant très officiellement la découverte d’une nouvelle espèce de lémurien dans l’Est de Madagascar, l’un des plus petits au monde, le « Microcebus Jonahi », ou « Microcèbe de Jonah » en français. Jonah comme le professeur Jonah, éminent primatologue malgache qui a fait de la conservation et de la protection des lémuriens la lutte de sa vie.

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de notre correspondante à Antananarivo

Avec ses grands yeux globuleux, son pelage, gris sur le dos, jaunâtre sur le ventre, cette petite boule de poil de 60 grammes à peine ressemble à plusieurs des 24 autres espèces de microcèbes présentes sur l’île. « La différence se trouve dans les gènes » nous explique le professeur Jonah Ratsimbazafy, qui a donné son nom à l’animal.

« De ma vie, c’est le plus beau cadeau que les chercheurs m’ont donné d’avoir un lémurien portant mon nom. Je suis très content, hyper fier. Et j’espère que la fierté est aussi ressentie par les amoureux des lémuriens, les protecteurs des lémuriens et tous les Malgaches. »

Dix ans d'enquête et de vérifications

Si l’annonce officielle de la découverte du Microcebus Jonahi a été faite il y a quelques jours, ce lémurien a été observé pour la première fois par l’équipe de chercheurs du GERP, le Groupe d’études et de recherches sur les primates dirigé par professeur Jonah Ratsimbazafy … en 2009 ! C’était lors d’une mission sur terrain, dans le parc national de Mananara Nord, sur la côte Nord-Est de Madagascar, près du Cap Masoala. L’équipe étudiait alors un cousin du Microcèbe Jonah, le Microcèbe Macarthurii. Mais prouver scientifiquement qu’il s’agissait d’une nouvelle espèce de lémuriens a pris plus de dix ans. 

« Parce que c’est une recherche scientifique, on ne peut pas se contenter d’un ou de 2 spécimens. Il faut collecter beaucoup de spécimens, collecter les données, faire des prélèvement de tissus, de sang, poursuit le professeur. L’American Journal of Primatology voulait d’autres preuves. On a donc introduit une étude phylogénétique en plus de l’étude génétique, pour comprendre l’origine et en savoir plus sur les ancêtres de ce lémurien. Et cette étude phylogénétique a permis de démontrer que la nouvelle espèce Microcebus Jonahi est une espèce totalement à part entière. »

Une nouvelle espèce, mais déjà en danger, explique le primatologue.

« Heureusement qu’on a trouvé l’espèce dans un parc national. C’est une bonne nouvelle mais cela ne veut pas dire que l’espèce est protégée. Là où l’a trouvé, ce n’est pas une belle forêt. C’est une forêt très dégradée. Une forêt de longoza, qui n’est pas vraiment l’habitat idéal des lémuriens. Aux alentours, il y a des installations humaines. A quoi bon découvrir une nouvelle espèce aujourd’hui et demain l’espèce disparaîtra ?! Il faut continuer la recherche. Ca nous a permis de découvrir qu’il y a un trésor. Mais c’est un trésor déjà en danger. Donc la prochaine étape c’est de renforcer la sensibilisation, la conservation avec la population locale. »

D’après la dernière liste rouge publiée en juillet 2020 par l’Union internationale de conservation de la Nature, 103 des 112 espèces de lémuriens sont menacées, «  principalement en raison de la déforestation et de la chasse », et 33 d’entre eux sont en danger critique, dernière catégorie avant l’extinction.

À lire aussi : A Madagascar, les lémuriens en danger selon les défenseurs de l'environnement

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