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RDC: la reprise des cours décalée, les profs posent leurs conditions

Une salle de classe vide à Kinshasa, en RDC, mi-mars 2020, après la fermeture des écoles des commerces par les autorités congolaises pour lutter contre la pandémie du coronavirus.
Une salle de classe vide à Kinshasa, en RDC, mi-mars 2020, après la fermeture des écoles des commerces par les autorités congolaises pour lutter contre la pandémie du coronavirus. © Justin Makangara pour la Fondation Carmignac
Texte par : RFI Suivre
3 mn

En République démocratique du Congo, le ministère de l'enseignement primaire, secondaire et technique a annoncé le report d'une semaine de la reprise des cours qui était prévu pour ce lundi... D’après le ministère, toutes les conditions ne sont pas réunies, notamment pour permettre une reprise avec le respect des mesures barrières. Mais ce n’est sans doute pas l’unique raison : les enseignants du primaire et du secondaire menacent de boycotter la reprise des cours, exprimant plusieurs revendications.

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Les bacheliers devaient être les premiers à retrouver les bancs de l'école. Le président Tshisekedi l'avait annoncé il y a une dizaine de jours. Ils devront patienter une semaine de plus.

Pour le vice-ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et technique, c’est pour éviter de faire courir des risques aux enseignants et aux élèves que ce report se justifie. Il faut désinfecter les écoles et mettre en place les mesures barrières pour éviter la propagation de l’épidémie de Covid-19. La question se pose aujourd'hui pour les bacheliers, mais elle va également se poser pour les autres élèves et les étudiants et c'est tout le calendrier de reprise qui pourrait être perturbé.

Faux prétexte?

Mais pour les syndicats d’enseignants, le problème est ailleurs. Ils ont menacé de ne pas reprendre le chemin de l’école si le protocole d’accord signé en décembre dernier n’était pas appliqué. Ils étaient d'ailleurs regroupés devant le cabinet du ministre de l’Enseignement primaire et secondaire, ce samedi 1er août, rapporte notre correspondant à Kinshasa, Patient Ligodi.

Ils demandent notamment au gouvernement d’améliorer l’enveloppe allouée à leur mutuelle de santé. Avec l’intégration, l’année dernière, d’un grand nombre d’enseignants qui n’étaient jusque-là pas repris sur la liste officielle, ils craignent que la mutuelle ne fonctionne plus correctement.

Les enseignants exigent également l’ouverture des discussions avec le gouvernement sur le dossier du deuxième pallier de l’augmentation de leurs salaires, selon les attentes entre les deux parties.

Il y a aussi l’épineuse question de départ à la retraite. La moitié de la classe enseignante est éligible à la retraite mais le processus n’a pas encore été enclenché, faute de moyens.

Le risque de l'année blanche

« Nous savons qu’il y a des problèmes dans le pays mais le problème des enseignants est un problème important. Se retrouver autour d’une table avec le chef de l’État ne signifie pas que les enseignants vont exiger à ce qu’ils puissent répondre à toutes les exigences », a déclaré Cécile Tshiyombo, secrétaire générale du Syndicat des enseignants du Congo.

La crainte est aussi de voir l’année scolaire ne pas se clôturer. À cela, Cécile Tshiyombo répond : « L’année blanche n’est pas notre problème puisque la rentrée, le retour, la clôture ne sont pas des faits syndicaux ».

Du côté, des associations de parents d’élèves, quelques soient les raisons, il faut éviter à tout prix l’année blanche. Si l’enseignement du primaire est gratuit, les parents ont payé pour le secondaire et l’université et entendent bien voir leurs enfants finir cette année scolaire, quitte à repousser la rentrée 2020-2021.

Une réunion est prévue mercredi prochain entre les syndicalistes et le ministère pour examiner ces questions.

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