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Présidentielle en Côte d’Ivoire: la Commission électorale tente d’éteindre les polémiques

Une femme dépose son bulletin de vote dans l'urne le 13 octobre 2018 à Bouaké, en Côte d'Ivoire.
Une femme dépose son bulletin de vote dans l'urne le 13 octobre 2018 à Bouaké, en Côte d'Ivoire. ISSOUF SANOGO / AFP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

À moins de trois mois de la présidentielle, la Commission électorale indépendante (CEI) a tenu une grande conférence de presse. Objectif : tenter d'éteindre un certain nombre de polémiques qui la visent.

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Avec notre correspondant à Abidjan,  Sébastien Nemeth

Le président de la CEI est resté prudent. Coulibaly Kuibiert Ibrahim a souvent fait référence à la loi, au Code électoral. Sur l’absence de Laurent Gbagbo des listes électorales, voire de Guillaume Soro et de Charles Blé Goudé, selon leurs partisans, le président de la CEI a répondu qu’il ne savait pas s’ils étaient radiés, que les choses étaient gérées par ordinateur en comparant avec les listes des gens radiés par les ministères. « Mais l’occasion est belle, a-t-il dit, car le contentieux s’ouvre bientôt. Ils pourront saisir la CEI. La Commission ne règle pas des comptes, c’est la loi qui entraîne les radiations. »

Quant au déséquilibre de la CEI pointé par la Cour africaine des droits de l’homme le mois dernier, en effet, 98% des CEI locales sont présidées par un membre du RHDP, là encore « le déséquilibre n’est pas le fait de quelqu’un, mais de la loi », a-t-il dit. Par ailleurs, ces présidents de commissions locales n’ont pas plus de pouvoirs que les autres, car les décisions se prennent en Assemblée des sept et bientôt huit membres. Enfin, de toute façon un renouvellement des CEI se fera à la fin de la période de contentieux. Ce sera pour le 17 août.

« Attendez avant de nous juger »

La question de la confiance en la CEI a aussi été posée en conférence de presse. Coulibaly Kuibiert Ibrahim a répondu qu’il fallait faire confiance évidemment. Il a mis en avant la présomption d’innocence : « Attendez qu’on commette un acte qui contrarie la loi avant de nous juger », a déclaré l’ancien magistrat.

Il a aussi mis en avant deux points : chaque membre prête serment, un engagement laïc, spirituel devant la nation qui met quelque part en jeu la conscience de chacun. Ensuite, tout est soumis à contrôle, les délibérations de la CEI sont votées aux deux tiers des membres présents. Et il y a le contrôle juridictionnel avec des recours devant les juridictions de droit commun. Là encore, Coulibaly Kuibiert Ibrahim met en avant la loi, les codes, la déontologie de la Commission.

Mais Ibrahime Coulibaly-Kuibiert n’a pas écarté la possibilité d’une nouvelle crise en Côte d'Ivoire : « tout le monde le craint. Parce qu'il arrive à un moment donné que les gens décident de ne pas respecter la loi. C'est comme un match de football, au début ça se passe bien jusqu'à ce qu'une action contrarie une des équipes et puis le cafouillage arrive. Fasse le ciel qu'il n'y ait pas de cafouillage. Sinon, les règles sont là. Le désordre vient de ce que l'on sort de l'ordre de la loi. Parce que la loi c'est l'ordre, parce qu'étant la volonté du peuple. »

À voir si les parties qui lui font des reproches seront convaincues. Les principes juridiques brandis par l’ancien magistrat vont d’ailleurs être mis à l’épreuve dès aujourd’hui, avec l’ouverture du contentieux des listes électorales. Une séquence durant laquelle l’opposition va pouvoir tester la CEI, en posant des recours.

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