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Togo: des médias révèlent des actes d’espionnages de la part des autorités

Vue de Lomé, capitale du Togo (image d'illustration).
Vue de Lomé, capitale du Togo (image d'illustration). Creative commons Flickr CC BY-NC 2.0 Joshua Turner/Climate Centr
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Au Togo, des religieux, des membres de la société civile et des opposants politiques ont été espionnés par les autorités, selon le journal français Le Monde et le quotidien britannique The Guardian. Les deux journaux affirment avoir identifié jusqu'à présent six Togolais dont les téléphones portables ont été infiltrés par le logiciel Pegasus, commercialisé par la société israélienne NSO Group.

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Ce logiciel permet de géolocaliser une personne, de lire ses messages et mails, ou de prendre le contrôle de sa caméra et de son micro.

Ces personnes expliquent avoir reçu un message d'alerte de la messagerie WhatsApp, pour les en informer. David Dosseh est porte-parole de l'organisation Togo Debout. Il affirme ne pas avoir reçu ce type de message, mais avoir été informé par une ONG qu'il était sur écoute. Il n'est pas surpris, mais regrette que les ressources du pays soient employées dans ce cadre. 

« Il y a environ un an que j’ai été contacté par une ONG internationale, basée en Europe, qui après vérification m’a confirmé que mon numéro de téléphone était effectivement sur écoute. En fait, je n’ai été qu’à moitié surpris parce que, au Togo, il est de notoriété publique que tout le monde peut être mis sur écoute. Mais savoir que le pouvoir pouvait dépenser autant de ressources, j’avoue quand même que cela m’a laissé perplexe. D’après ce qu’on m’apprend, ce sont des logiciels vraiment très puissants qui sont utilisés pour espionner les simples citoyens que nous sommes. Cela suppose beaucoup de ressources derrière. Pourquoi dépenser autant d’argent, ces ressources pouvaient certainement être utiles à autre chose, dans d’autres domaines comme la santé, comme l’éducation, comme l’agriculture, etc., des choses qui sont particulièrement en difficulté aujourd’hui au Togo ? », s’interroge David Dosseh.

D'autres pays concernés

Cette pratique d'espionnage va à l’encontre de la liberté d’expression, selon Aimé Adi, directeur d’Amnesty international au Togo : « Les résultats des enquêtes des deux journaux révèlent une pratique contraire aux principes en matière de la liberté d’expression et de communication et constituent encore une fois hélas une violation flagrante des droits humains. Les autorités doivent donner une suite adéquate en prenant les dispositions pour garantir qu’une telle pratique ne se généralise, ni ne se répète. Les membres de la société civile et autorités religieuses, ou tout autre citoyen, ne doivent faire l’objet d’aucune forme de menace ni d’intimidation. »

Le pouvoir togolais aurait donc espionné plusieurs personnalités du pays avec ce logiciel. Il s’agit notamment de monseigneur Alowonou, le président de la Conférence des évêques du Togo, qui était en charge des dialogues entre le pouvoir et l’opposition, le père Pierre Chanel Affognon, engagé dans le mouvement citoyen Forces vives espérance pour le Togo. L'enquête cite également Raymond Houndjo, un collaborateur de l’opposant Jean-Pierre Fabre l'ancien chef de la diplomatie Elliott Ohin, ainsi qu'un militant qui a requis l’anonymat.

Les autorités togolaises se refusent à tout commentaire sur le sujet. Par contre le Togo n’est pas le seul pays évoqué dans cette enquête. Selon l'article du Monde, le Burkina Faso et le Mali auraient eu des contacts avec le groupe israélien ces dernières années, et Amnesty international a aussi récemment accusé le Maroc de l’avoir utilisé pour espionner le journaliste et militant Omar Radi.

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