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Imbroglio autour du conflit frontalier entre la RDC et la Zambie

La frontière entre la République démocratique du Congo et la Zambie.
La frontière entre la République démocratique du Congo et la Zambie. Google Map
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Alors que Kinshasa a annoncé, le 27 juillet, avoir repris ses droits sur les localités de Kalumbamba et Kibanga, occupées depuis mars dernier par l’armée zambienne, les autorités locales font toujours état de la présence de troupes zambiennes. Elles n’auraient pas, selon les témoignages, quitté le territoire congolais mais déplacé leur position.

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Avec notre correspondant à Kinshasa, Pascal Mulegwa

Les autorités congolaises se vantent, depuis juillet dernier, d'une victoire diplomatique face à la Zambie. Et c’est la Communauté des États d'Afrique australe (SADC) qui aurait tranché en faveur de la RDC. Le gouvernement congolais avait annoncé le 31 juillet que l'armée zambienne avait même sollicité un délai de sept jours pour évacuer ses militaires des zones querellées.

Sur ce point, le ministre Jolino Makelele, porte-parole du gouvernement, se veut rassurant. « Le rapport de la mission SADC effectuée du 22 au 29 juillet 2020 a abouti à la reconnaissance par la Zambie des territoires de Kalumbamba et Kibanga qu’elle avait occupés appartenait à la République démocratique du Congo. Aussi, le début d’évacuation des troupes zambiennes des sols congolais était convenu sur la période allant du 30 juillet au 4 août 2020 », a-t-il déclaré au cours d’une conférence de presse.

Il précise qu’à la date du 4 août 2020 « nos services compétents en la matière et tous les responsables congolais ont constaté le retrait effectif des troupes zambiennes. En ce moment, la population congolaise concernée est en liesse, en particulier celle de Muliro ».

« Embuscade »

Accompagné d’un agent de renseignement et un autre de la direction de migration, Lambert Mwila, chef du groupement de Muliro, s’est rendu jeudi matin dans l’une de deux localités revendiquées par la Zambie. Constat : les troupes étrangères ne sont pas totalement partie de la RDC.

« Quand nous sommes arrivés à Kalubamba, il n’y avait plus de soldats zambiens. Notre mission était de faire flotter un drapeau congolais à Kibanga, mais nous y avons trouvé une borne et il y avait une trentaine de soldats zambiens lourdement armés, ils nous ont dit que nous ne sommes pas sur le territoire congolais, nous sommes donc tombés dans une embuscade, ils sont toujours sur notre territoire. Ils ont déplacé leur position du village Kalubamba à 30 km et l’ont installé vers Kibanga à 5 km, toujours à l'intérieur du territoire Congolais. Ils ne sont encore retournés chez eux ».

Une version confortée par plusieurs témoignages d'habitants joint par RFI. Pour sa part, la SADC, qui avait dépêché ses experts dans les localités disputées, annonce dans un communiqué daté du 27 juillet, qu’elle n’a rendu aucune décision dans le cadre de ce contentieux. Elle dit attendre un rapport « détaillé » de la mission d’experts déployée.

Il sera soumis à Emmerson Mnangagwa, président de la République du Zimbabwe et aussi président de l'organe chargé des affaires politiques, de défense et de sécurité de la SADC.

Depuis mars, des militaires zambiens ont fait des incursions sur le territoire congolais, y revendiquant la souveraineté de leur pays. Au départ de la crise actuelle, une affaire de pêcheurs congolais pourchassés par l’armée zambienne pour être allés œuvrer dans les eaux territoriales zambiennes, faisant usage de filets prohibés.

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