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Coronavirus: l'Italie débute le rapatriement de migrants tunisiens

Des migrants de Tunisie et de Libye arrivent à bord d'un bateau des garde-côtes sur l'île italienne de Lampedusa, le 1er août 2020.
Des migrants de Tunisie et de Libye arrivent à bord d'un bateau des garde-côtes sur l'île italienne de Lampedusa, le 1er août 2020. Alberto PIZZOLI / AFP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

L’Italie va commencer à renvoyer dans leur pays des migrants tunisiens arrivés clandestinement dès ce lundi 10 août. Cette démarche intervient après que les autorités italiennes ont signalé l’arrivée massive de migrants tunisiens, surtout après que la crise du Covid-19 a touché de plein fouet l’économie tunisienne. Plus de 4 000 Tunisiens ont rejoint les côtes italiennes rien qu’au mois de juillet.

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Avec notre correspondante à Tunis, Lilia Blaise

La tension reste cordiale mais palpable entre Tunis et Rome sur le sujet de la migration clandestine. Le ministre des Affaires étrangères italien, Luigi Di Maio, a déclaré le 6 août dans un statut Facebook que la « Tunisie étant considérée comme un pays sûr et non un pays en guerre », des « rapatriements » de migrants clandestins tunisiens arrivés sur des embarcations illégales, commenceront dès ce lundi 10 août à raison de 80 personnes par semaine, et ce, en accord avec les autorités tunisiennes.

Côté tunisien, la garde nationale de la ville de Mahdia, l’un des principaux points de départ pour les candidats à l’exil, a annoncé une nouvelle stratégie sécuritaire avec les services de renseignements pour cibler davantage les réseaux de passeurs. Du 6 au 8 août, les autorités ont arrêté près de 23 passeurs dans cette zone. Presque chaque mois, plus d’une centaine d’arrestations sont réalisées et près d’une cinquantaine de tentatives d'immigration clandestine sont avortées par les autorités, selon les chiffres officiels, avec une nette augmentation au mois de juillet.

Le président Kaïs Saïed avait pourtant nuancé l’approche sécuritaire en optant pour un discours sur la responsabilité « collective » face à l’immigration. Il a parlé de problème « tuniso-tunisien », dénonçant l’incapacité de la classe politique à résoudre les problèmes socio-économiques du pays depuis la révolution.

La société civile s'indigne

Mais la reprise des rapatriements de migrants tunisiens depuis l’Italie suscite de vives réactions de la part de la société civile qui considère que les droits des migrants sont souvent peu respectés dans ces « expulsions » et non des « rapatriements » selon leurs mots. Une association tunisienne a tenu une conférence de presse ce lundi sur le sujet.

L’association tunisienne du Forum des droits économiques et sociaux appelle à un traitement digne pour les migrants, des deux côtés de la Méditerranée. Romdhane Ben Amor, chargé de l’information, parle de violation des droits des migrants après que 700 Tunisiens aient été placés en quarantaine sur un bateau à Lampedusa, en attendant leur rapatriement.

« Il y a plus de 700 Tunisiens qui sont sur le bateau dans des conditions qui ne préservent pas la dignité humaine. Donc y’a deux grands soucis, tout d’abord il y a le Covid mais aussi surtout dans leur discours c’est le retour forcé. Ce terme-là crée la panique. »

L’Italie renvoie régulièrement des migrants tunisiens depuis la révolution. 1300 ont été expulsés vers l’aéroport d’Enfidha à une centaine de kilomètres de Tunis en 2019. Le Forum explique, chiffres à l’appui, que côté tunisien, la stratégie sécuritaire a montré ses limites. Entre 2018 et 2020, malgré des arrestations massives de candidats à l’exil en Tunisie, les arrivées sur l’autre rive se sont quand même multipliées. « De la part de la Tunisie, il n’y a pas vraiment une stratégie claire sur le sujet et c’est dû au fait que la Tunisie n’a pas vraiment une stratégie migratoire. »

Face à ce manque de vision, le forum plaide pour une meilleure législation dans le pays sur le traitement des migrants et demandeurs d’asile et suggère aussi de revoir les accords bilatéraux avec l’Italie pour une politique migratoire plus juste

► À lire aussi : Migrants: les traversées se multiplient depuis la Tunisie

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