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Marée noire à Maurice: le pompage perturbé, forte émotion à Mahebourg

Lutte contre la marée noire issue du navire japonais Wakashio à pavillon panaméen, à Marine Park dans le sud-est de Maurice, le 9 août 2020.
Lutte contre la marée noire issue du navire japonais Wakashio à pavillon panaméen, à Marine Park dans le sud-est de Maurice, le 9 août 2020. Daren Mauree / L'Express Maurice / AFP
Texte par : RFI Suivre
5 mn

La météo complique l’exercice du pompage du fioul du Wakashio, dont le naufrage a déjà causé d’énormes dégâts dans les eaux et sur les plages mauriciennes. Et beaucoup d'émotion dans la population. Le navire de la société japonaise Nagashiki Shipping et battant pavillon panaméen, s’est échoué le 25 juillet sur un récif au sud-est de l’île. Mais ce n'est que depuis le jeudi 6 août, soit dix jours après, que des hydrocarbures ont commencé à s’échapper du navire. 

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Avec notre envoyé spécial à Mahebourg, Abdoollah Earally

La pollution aux hydrocarbures a provoqué une forte émotion chez les habitants des zones côtières du Sud-est, les premiers à avoir témoigné de l’apparition de ces tâches noires sur la mer qui les nourrit et les accompagne au quotidien. Daveena Bauluck, une habitante du village de Mahebourg, a craqué devant ce qu’elle a vu. « Le premier jour de mon arrivée ici, nous confie-t-elle, j'ai pleuré, je ne vais pas vous mentir, j'ai pleuré... Ça fait mal au cœur ! Nous sommes juste là, nous, à essayer de faire ce qu'on peut faire. »

Barrages de paille

Spontanément les habitants se sont mobilisés pour sauver le front de mer de Mahebourg, l’ancien port de Maurice et riche patrimoine sur plusieurs tableaux. « Le lagon de Mahebourg est reconnu internationalement, rappelle Daveena Bauluck. Nous avons des sites protégés : le port marin, l'Île aux Aigrettes... ça nous fait mal ! »

C’est en langue créole que Daveena Bauluck exprime la détresse des habitants. Des volontaires des quatre coins du pays affluent d'ailleurs au village pour fabriquer notamment des barrages de paille enveloppés dans des tuiles pour contenir et absorber la marée noire. D’autres utilisent des pompes et des seaux. Des moyens du bord en attendant mieux.

Lutte compliquée par les anticyclones

Le pompage a été stoppé ce dimanche soir pour 24 heures en raison d'un anticyclone, depuis que le Wakashio s'est échoué au sud-est de Maurice à Pointe d'Esny. Ce troisième anticyclone vient aggraver la situation. Sous les tropiques, les anticyclones se forment en hiver, provoquent des vents de 50kmh, font baisser la température et agitent la mer.

Les opérations de pompage n'ont duré que 48 heures depuis que le Wakashio, navire long de 800 mètres a commencé à relâcher du fioul dans les eaux mauriciennes jeudi dernier. Cela fait donc quatre jours que les hydrocarbures se répandent dans la mer et on n'a aucune idée du volume écoulé. Seules estimations : les autorités ont affirmé ce dimanche avoir pompé du lagon déjà 118 tonnes d'huile lourde.

3 800 tonnes de fioul

Avec le vent relativement fort et les courants du Sud-Est après Pointe d'Esny, Mahebourg et Rivière des Créoles, de nouvelles localités, une vingtaine, commencent à subir cette pollution. L'enjeu pour Maurice en ce moment est de nettoyer les eaux et les rives et pour cela, toutes les ressources locales ont été mobilisées.

Le deuxième enjeu, c'est de pomper du navire le fioul qui reste dans les cuves (3800 tonnes) d'autant que le Premier ministre mauricien Pravind Jugnauth a souligné dimanche soir que le Wakashio pourrait se couper en deux.

L'aide des pays amis, et notamment de la France qui est proche géographiquement grâce à la Réunion, arrive depuis samedi. 

À lire aussi : Marée noire à Maurice: la France offre son soutien

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