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Nigeria: un chanteur condamné à mort par un tribunal islamique

Un poste judiciaire dans l'État de Kano. (photo d'illustration).
Un poste judiciaire dans l'État de Kano. (photo d'illustration). AMINU ABUBAKAR / AFP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Au Nigeria, un tribunal islamique de Kano, dans le nord du pays a condamné à mort un musicien, un jeune artiste accusé de blasphème contre le prophète. Il faut dire que les États du nord du Nigeria appliquent, depuis le début des années 2000, une version stricte de la charia, la loi islamique. C'est la seconde fois qu'une peine de mort est prononcée pour blasphème.

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Yahaya Aminu Sharif, jeune artiste de 22 ans, est accusé d’avoir insulté le prophète Mohamed dans une chanson, qui a été diffusée sur les réseaux sociaux en mars. La chanson avait soulevé une levée de boucliers à Kano, mégalopole du Nord. Des habitants en colère avaient incendié le domicile familial du jeune artiste avant de manifester devant le poste de police islamique, estimant que les autorités locales ne faisaient pas leur travail pour préserver la sharia.

Incompréhension

Yahaya Aminu Sharif a été interpellé et traduit ce lundi 11 août devant le tribunal islamique de Kano. Lors de son audition, qui s'est déroulé à huis clos, l'artiste a plaidé coupable. La sentence est tombée dans la foulée, comme un couperet : condamnation à mort; le musicien devrait être pendu. Il peut encore faire appel de cette décision.

À peine prononcé, ce jugement a rassuré les manifestants à Kano, qui estiment que cette condamnation a valeur d'exemple. À l'inverse, sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes expriment leur incompréhension concernant l'application stricte de la sharia au moment où les autorités réintègrent près de 600 membres de Boko Haram qui se sont repentis.


Au Nigéria, depuis le début des années 2000, une douzaine d'Etats du Nord appliquent une charia très stricte, qui juge des affaires criminelles. C'est un système qui fonctionne en parallèle de la justice classique. Seulement ce système ne fait pas l'unanimité, car jugé souvent inéquitable, comme l'explique l'analyste Djibrin Ibrahim, qui dirige le Centre pour la démocratie à Abuja.

Rien n'a changé, jamais quelqu'un qui a de l'argent n'est traduit devant la justice

Djibrin Ibrahim, Centre pour la démocratie

 

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