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Madagascar: le changement climatique menace dangereusement les aires protégées

Les lémuriens, espèces protégées à Madagascar, dans le parc national d'Isalo. (Photo d'illustration).
Les lémuriens, espèces protégées à Madagascar, dans le parc national d'Isalo. (Photo d'illustration). Janine HAIDAR / AFP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Véritables remparts pour préserver les espèces et les écosystèmes, les aires protégées de Madagascar sont fortement menacées par le changement climatique d'après un rapport publié par WWF. Plus de la moitié sont classées comme très vulnérables au changement climatique selon cette étude, qui prévoit que 21% des aires protégées de la Grande Ile perdront plus d'un tiers de leurs espèces d'ici 30 ans.

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Avec notre correspondante à Antananarivo, Laëtitia Bezain

Toutes les aires protégées étudiées ont une capacité d'adaptation faible au changement climatique indique le rapport du Fonds Mondial pour la Nature (WWF).  

« Le changement climatique va directement affecter les espèces, les lémuriens par exemple, à travers l'altération de leur habitat, notamment parce qu'il y aura une hausse des températures, moins de précipitations et donc plus de sécheresse, explique Nanie Ratsifandrihamanana, la directrice de WWF à Madagascar. Mais il y a aussi un impact indirect, je crois encore plus important, venant de la population qui vit autour des aires protégées qui est très vulnérable et qui sera fortement affectées par le changement climatique et qui risque de recourir aux ressources naturelles au sein des aires protégées pour s'adapter aux effets du changement climatique. »

Ces effets du changement climatique et cette pression des populations existent déjà dans plusieurs aires protégées. Pour fuir la sécheresse, certains habitants de l'extrême sud de l'île ont migré plus au nord et cultivent notamment du maïs au sein même des parc nationaux. C'est le cas notamment dans l'ouest, dans le parc de Menabe Antimena et dans le nord-ouest, à Ankarafantsika. Ces impacts pourraient cependant être attenués. Le rapport dresse une liste de neuf recommandations. 

Neuf recommandations

« Actuellement, les investissements pour la bonne gestion des aires protégées sont insuffisants à Madagascar pour faire face à ce qu'on prédit de futurs risques climatiques et donc nous avons fait une recommandation forte d'investir davantage dans les aires protégées et dans leur gestion. Une autre recommandation très importante, c'est de regarder au delà des aires protégées et de faire en sorte que ce qui est autour soit aussi bien géré, et notamment qu'il y ait une meilleure connectivité entre les aires protégées, c'est-à-dire mieux les relier entre elles, en créant par exemple, des couloirs biologiques, en faisant de la restauration, de la reforestation pour recréer des couloirs et permettre aux espèces de circuler et de s'adapter, conseille Nanie Ratsifandrihamanana. Si rien n'est fait, il y aura encore plus de pression parce qu'il y a le changement climatique. Parfois on oublie un peu qu'il est là et qu'il va continuer à avoir des impacts dans le futur. Ce rapport sert donc à tirer la sonnette d'alarme et faire ces recommandations pour que les aires protégées soient vraiment beaucoup plus efficaces et résilientes. »

Si les prédictions de ce rapport se réalisent, elles seraient un désastre pour la biodiversité puisque 80% de la totalité d'espèces d'animaux et des plantes de Madagascar ne se trouve nulle part ailleurs au monde. 25% des espèces de faune et de flore malgaches sont déjà menacées d’extinction d'ici 2100 même si l’augmentation de la température au niveau mondial est limitée à 2°C, précise le rapport.

►Lire aussi : Recrudescence des crimes environnementaux à Madagascar

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