Burkina Faso: le grand imam de Djibo retrouvé assassiné

Le corps a été identifié à Tiléré, une localité située à 4—km de Djibo.
Le corps a été identifié à Tiléré, une localité située à 4—km de Djibo. RFI

Au Burkina Faso, le corps sans vie du grand imam de Djibo a été retrouvé au matin de ce samedi 15 août. Souaibou Cissé avait été enlevé, mardi 11 août, sur l’axe Namsiguia-Djibo, un tronçon d’une trentaine de kilomètres. Il revenait d’un déplacement effectué à Ouagadougou.

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L'imam Souaibou Cissé, âgé de 73 ans, a été retrouvé assassiné, ce samedi 15 août au matin. L’information a été confirmée par ses proches.

Le corps a été identifié à Tiléré, une localité située à 4 km de Djibo, sur l'axe même où le responsable religieux avait été enlevé, en début de semaine.

Souaïbou Cissé rentrait de la capitale. Il avait emprunté un véhicule de transport en commun. Selon des témoins, des individus armés non identifiés ont arrêté le véhicule de transport en commun dans lequel l’imam voyageait. Il est le seul passager qui a été emmené après un contrôle d’identité.

Des membres de son entourage avaient confié à RFI que ce dernier avait échappé à une tentative d’assassinat en mai 2017 quand des coups de feu avaient été tirés sur son domicile. Après cet évènement, le domicile de l'imam avait été placé sous protection de la gendarmerie jusqu’au début de cette année, où la protection a été levée.

Un acte « lâche et barbare »

Souaibou Cissé, qui était également le président de la communauté musulmane de la province du Soum, dans la région du Sahel, s’était clairement affiché contre le terrorisme, soutenant qu’il ne se reconnaissait pas dans cette idéologie. 

Ni son enlèvement, ni son assassinat n’ont pour le moment été revendiqués, mais la piste jihadiste est privilégiée. Les autorités burkinabè ont réagi en condamnant « cet acte lâche et barbare ». Elles indiquent également que « les forces de défense et de sécurité sont mobilisées pour retrouver les auteurs de cet ignoble assassinat ». 

« Je condamne fermement cet assassinat odieux qui vise à saper notre modèle de tolérance religieuse et les fondements de notre Nation », a écrit le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré dans un post publié samedi après-midi sur les réseaux sociaux.

Djibo, cible récurrente

Ce n’est pas la première fois que des leaders d’opinions de cette ville sont assassinés. Djibo est régulièrement la cible d’attaques meurtrières des groupes terroristes. La situation sécuritaire s’est détériorée dans cette zone quand le groupe armé du prédicateur radical Malam Dicko s’y est révélé en planifiant l’attaque contre le poste militaire de Nassoumbou. Une attaque qui avait coûté la vie à 12 soldats de l’armée burkinabè en décembre 2016.

Bien avant, c’est aussi à Djibo qu’un couple d’Australiens, le Dr Eliott et son épouse avaient été enlevés en 2015. L’épouse a par la suite été relâchée mais le Dr Eliott est toujours aux mains de ses ravisseurs.

La psychose s’est installée au sein de la population, surtout depuis que le député-maire de la ville Oumarou Dicko et trois autres personnes ont été tués dans une embuscade tendue par des hommes armés le 3 novembre 2019. Et ce 15 août, c’est le grand imam de Djibo, personnalité influente qui est retrouvé assassiné.

Aujourd’hui, tous les élus de la province, par peur, restent à Ouagadougou. Au cours d’une visite surprise en juin dans cette ville, le président Kaboré avait promis une réouverture des postes abandonnées par les forces de sécurité. Mais jusque-là Djibo reste coupé du reste du pays.

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