Marée noire à Maurice: «au moins dix mois de travail» selon Sébastien Lecornu

L'épave du vraquier japonais MV Wakashio, coupée en deux au large de l'île Maurice. Le ministre des Outre-Mer français Sébastien Lecornu a inspecté les lieux dimanche 16 août.
L'épave du vraquier japonais MV Wakashio, coupée en deux au large de l'île Maurice. Le ministre des Outre-Mer français Sébastien Lecornu a inspecté les lieux dimanche 16 août. REUTERS/Reuben Pillay

À l'île Maurice, l'équipe de secours prévoit de remorquer les deux tiers avant de l'épave du vraquier japonais Wakashio, qui s'est brisée en deux samedi. La partie restante du bateau est encore coincée dans le récif. Le ministre français des Outre-mer est arrivé dimanche soir à l'île française voisine de La Réunion après une étape à Maurice. Selon Sébastien Lecornu, « il y a au moins dix mois de travail. Un travail de titan qui va être assez redoutable ».

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Avec notre correspondant à Port-Louis, Abdoollah Earally

Prise au dépourvu, Maurice s’est tourné vers La Réunion, l’île voisine pour l’appuyer et trouver des premières réponses urgentes efficaces à ce qui est sa plus grande crise environnementale. L’île sœur a mis en place rapidement une cellule de crise, a rappelé le ministre de l’Environnement de Maurice, Kavy Ramano. « Nous sommes reconnaissants à l'égard de l’île de la Réunion. Dès le lendemain, les équipements sont arrivés à Maurice. Par avion dans un premier temps, ensuite avec le navire de la Marine nationale française, le Champlain ».

Maurice a témoigné de sa reconnaissance envers la France et les pays amis pour ce soutien spontané. « Lorsque la biodiversité est en péril, il y a urgence d'agir. La France est là. Aux côtés du peuple mauricien... », avait répondu début août Emmanuel Macron à l'appel à l'aide du Premier ministre mauricien.

Un soutien qui ne fait que commencer avec l’inventaire des dégâts et le projet de restauration. « Il nous faudra l’apport des experts afin de procéder à une évaluation complète et méthodique des impacts sociaux, économiques et environnementaux » de la catastrophe, a poursuivi le ministre mauricien de l'Environnement.

Port-Louis espère pouvoir compter sur l’expertise française pour la suite. Une expertise éprouvée a rappelé le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, en visite à Maurice : « Parce que nous aussi avons connu des naufrages en métropole ou en Outre-mer, nous avons su compléter soit par la réponse régalienne, soit par les entreprises, un savoir-faire français en la matière. »

Les conditions du naufrage du Wakashio intriguent les autorités mauriciennes. Elles mettent en évidence les faiblesses et les besoins des Etats de l’océan Indien en matière de sécurité maritime.

Quels risques de pollution à l'île de La Réunion ?

Les deux îles sont distantes de quelque 250 kilomètres. Le ministre des Outre-mer a déclaré que l'arrivée de « boulettes d'hydrocarbures » dans les eaux réunionnaises ne pouvait être exclue. Un scénario du pire qui ne peut être exclu, mais auquel Jean-François Nivel, président de l'association Océan Prévention Réunion (qui milite principalement pour prévenir les attaques de requins) ne croit pas. Les vents et les courants dominants en cette période de l'année   nous sommes en hiver dans l'hémisphère Sud   ne sont pas très porteurs.

Jean-François Nivel de l'association Océan Prévention Réunion joint au téléphone par Maud Charlet: «On n'a pas beaucoup de chance d'être concernés»

Si jamais quelques boulettes venaient à s'échouer à La Réunion, elles arriveraient sur la côte Est qui est peu fréquentée, ajoute Jean-François Nivel.

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