La série sénégalaise «Infidèles» au cœur d'une polémique

La série «Infidèles» doit adapter certaines scènes après une plainte déposée auprès du Conseil national de régulation de l’audiovisuel.
La série «Infidèles» doit adapter certaines scènes après une plainte déposée auprès du Conseil national de régulation de l’audiovisuel. EvenProd
Texte par : RFI Suivre
3 mn

L’ONG islamique Jamra a porté plainte contre la série Infidèles, malgré sa popularité, auprès du Conseil national de régulation de l’audiovisuel. Le verdict est tombé mercredi 12 août : la série est maintenant classée moins de 16 ans, sa diffusion limitée après 22h30 et une partie des prochains épisodes doivent être revus.

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Avec notre correspondante à Dakar, Théa Ollivier

La série Infidèles est au cœur d’une polémique. Il y est question d’infidélité dans le couple, comme dans la religion et dans la famille. Mais la série Infidèles n’est pas au goût de Mame Moctar Gueye, vice-président de l’ONG islamique Jamra.

Il a saisi le Conseil national de régulation de l’audiovisuel : « Cette série, avec des scènes choquantes, fait la promotion de la fornication et de l'adultère et dit qu’avoir un mari et des amants, ce n’est pas grave. Le gendarme de l’audiovisuel a confirmé que c’était de la pornographie verbale, du langage obscène et que les enfants n’avaient aucune protection ».

« Met en exergue les tares de la société »

Pourtant, le diffuseur SenTV affirme que les scènes dénoncées n’ont jamais été diffusées sur son antenne, mais sur les réseaux sociaux où est publiée en exclusivité la série. Modou Mbackè Thiam fait partie du comité de visionnage de SenTV et explique pourquoi ces scènes n’y étaient pas diffusées : « Il y a beaucoup de choses qui passent sur les réseaux sociaux et qui ne passent pas sur SenTV, car on connaît la sensibilité des Sénégalais. C’est une série qui met en exergue les tares de la société sénégalaise et qui essaie de dénoncer certains comportements ».

Le producteur, Ibou Gueye, de la société de production audiovisuelle Even Prod, se plaint des changements qu’il va devoir apporter à son projet alors que la série cumule 1,8 millions de vues sur YouTube, sans compter les téléspectateurs derrière leurs télévisions.

« Il va falloir essayer de faire bouger un tout petit peu certains personnages. Et il va falloir revoir la mise en scène. Ils nous ont sommés de revoir certaines scènes notamment. Espérons qu’on puisse avoir le doigté qu’il faut pour que la série ne soit pas dénaturée. Ce qui dérange les gens, c’est simplement qu’on parle de sexualité. »

L’ONG Jamra avait déjà porté plainte contre une autre série pour les mêmes raisons l’année dernière.

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