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Tunisie: le discours du président contre l’égalité dans l’héritage irrite la société civile

Le président tunisien, Kaïs Saïed. (Image d'illustration)
Le président tunisien, Kaïs Saïed. (Image d'illustration) FETHI BELAID / AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Lors de la journée du 13 août, le président de la République a prononcé un discours qui a fait mouche. Après avoir soutenu les droits sociaux et économiques des femmes, il s’est, en revanche, prononcé contre l’égalité dans l’héritage. Ses mots ont été mal reçus par la société civile en Tunisie, notamment les militantes féministes.

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Avec notre correspondante à Tunis, Lilia Blaise

À l’occasion du 13 août, qui célèbre l'anniversaire du Code du statut personnel en Tunisie, un corpus juridique promulgué en 1956 et consacrant certains droits pour les femmes comme celui du divorce ou l’abolition de la polygamie, le président de la République, Kaïs Saïed, a réitéré sa position défavorable à l’égalité dans l’héritage, et déjà défendue lors de sa campagne pour l’élection présidentielle. Il a déclaré que le texte coranique est « clair et suffisant » sur ce sujet, puisqu’il consacre le principe de justice avant celui d’égalité.

Actuellement, la femme n’hérite seulement que de la moitié de la part d’un homme, au même degré de parenté, selon la loi inspirée du texte sacré. Kaïs Saïed a également dénoncé un « faux débat », « guère innocent » sur le plan politique lorsque l’égalité avait été introduite par son prédécesseur, feu Beji Caïd Essebsi, qui avait chargé, en 2017, une commission, la Colibe, d’un rapport sur les libertés, donnant ensuite naissance à un projet de loi en faveur de l’égalité successorale.

Dans un communiqué, l’Association tunisienne des femmes démocrates a qualifié le discours de Kaïs Saïed de « réactionnaire ». L’ancienne députée et présidente de la Colibe, Bochra Bel Haj Hmida a confié à RFI qu’elle n’était pas étonnée de cette position conservatrice du président, mais elle se dit déçue d’un discours « creux et populiste à outrance », selon ses mots. Un coup dur pour les militantes féministes, d’autant que le projet de loi sur l’égalité est toujours en attente de débat, dans les tiroirs du Parlement.

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