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Qui est Konstantin Pikalov, soupçonné d’être le «Monsieur Afrique» du groupe paramilitaire Wagner?

Le colonel Konstantin Pikalov serait derrière les affaires africaines du groupe Wagner, selon le site d'investigation Bellingcat.
Le colonel Konstantin Pikalov serait derrière les affaires africaines du groupe Wagner, selon le site d'investigation Bellingcat. Bellingcat
Texte par : Tancrède Chambraud
4 mn

Le site d'investigation Bellingcat a révélé qui serait en charge, en Afrique, des opérations de l'opaque société militaire privée russe rattachée à Evgueni Prigojine, proche du président Vladimir Poutine.

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Derrière les affaires africaines du groupe Wagner, se cache un militaire haut gradé russe à la retraite : le colonel Konstantin Pikalov. Son nom de code : Mazai. C'est cet homme que le site d'investigation Bellingcat désigne comme le «  Monsieur Afrique » de Wagner. Conseil politique militaire et politique avec le soutien du Kremlin, mais aussi entraînement des armées locales, le groupe est aujourd’hui présent dans au moins une vingtaine de pays en Afrique.

Présent lors de la présidentielle malgache

Mazai apparaît pour la première fois publiquement en Afrique en 2018, à Madagascar. Le pays est alors en pleine période électorale. Christo Grozev, enquêteur principal de Bellingcat raconte qu'il est placé aux côtés du candidat à la présidentielle, le pasteur André Mailhol :

« Il a d’abord été nommé à la sécurité du candidat préféré de la Russie, le pasteur [Mailhol]. Mais quelques semaines plus tard, quand il a été clair que le pasteur n’allait pas recevoir de soutiens importants, il a été transféré à un autre candidat : le favori qui a finalement remporté l’élection [Andri Rajoelina, ndlr]. »

►À lire aussi : Analyse - Russie : Wagner, le bras armé privé de Moscou

Lors de ses apparitions publiques, le conseiller joue des rôles de « garde du corps » pour passer inaperçu. Mais Bellingcat découvre que le colonel Pikalov n'en était pas à son premier pays africain : il s'était déjà rendu en Centrafrique en juillet 2018. À Bangui, il incarne la plus haute autorité, comme l’explique Christo Grozev :

« Il était une sorte d’intermédiaire entre les sociétés privées de Prigojine et le ministère de la Défense et le Kremlin. Même le conseiller militaire à la présidence centrafricaine, Valery Sakharov, même lui, demandait des instructions de Mazai. Quand il y avait un problème majeur, c’était la personne vers qui l’on se tournait. Lorsqu'une équipe de journalistes est arrivée en République centrafricaine, il y avait une certaine panique autour de ce qu'ils allaient filmer et de quelles révélations ils pourraient faire. Une lettre de Mazai décrit comment ces journalistes devraient être suivis et espionnés. »

►À lire aussi : Journalistes russes tués en Centrafrique: deux thèses et toujours aucune réponse

Des soupçons sur son implication au Soudan et au Mozambique

Christo Grovez rappelle que même s'ils ne peuvent confirmer sa présence qu'à Madagascar et en Centrafrique, ils savent qu'il est intervenu sur d'autres terrains sur le continent mais aussi en Syrie :

« Mazai a agi un peu partout en Afrique. Les photos que nous avons pu obtenir ne confirment sa présence qu’en République centrafricaine et à Madagascar. [Mais] des anciens employés de Prigojine mentionnent [aussi] des missions en Syrie, au Mozambique, au Soudan. »

Suite à la demande du président mozambicain Filipe Nyusi en 2019, la Russie avait promis d’aider l’armée gouvernementale dans sa lutte contre les jihadistes, en échange de lucratifs contrats dans les régions gazières. Plusieurs centaines d’individus affiliés au groupe Wagner avaient débarqué dans le pays d’Afrique australe. Déployés dans la province de Cabo Delgado, cœur de l’insurrection jihadiste dans le nord du pays, les membres de Wagner avaient alors essuyé une cuisante défaite.

L’enquête de Bellingcat rappelle également que les hommes de terrain rattachés au proche de Vladimir Poutine sont en contact avec des proches du mouvement armé de la coalition de la Seleka au Bénin et au Tchad, le mouvement armé qui avait chassé du pouvoir, en 2013, le président centrafricain Bozizé.

Questionné sur les activités du colonel, Evgueni Prigojine, proche du président Vladimir Poutine, n'a pas souhaité répondre. Il a toujours démenti toute existence d'une société militaire privée et toute implication dans la politique africaine.

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