Mort de Kizito Mihigo au Rwanda: HRW demande une enquête indépendante

L'artiste rwandais Kizito Mihigo le 4 avril 2019 à son domicile de Kigali.
L'artiste rwandais Kizito Mihigo le 4 avril 2019 à son domicile de Kigali. Pierre René-Worms/RFI

Cela fait six mois que le célèbre chanteur rwandais Kizito Mihigo est mort dans sa cellule au poste de police de Remera. Un suicide selon les autorités, mais l'ONG Human Rights Watch en doute et demande une enquête indépendante.

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Kizito Mihigo est mort le 17 février 2020, après avoir été arrêté à Nyaruguru, près de la frontière avec le Burundi, le 13 février 2020, et placé en garde à vue, inculpé de tentative de traverser la frontière illégalement, d’association avec des « groupes terroristes » et de corruption. Les circonstances autour de son arrestation et de sa détention ultérieure restent floues, selon HRW. Les autorités affirment qu’il s’est étranglé avec ses draps et ont conclu au suicide.

Mais l’ONG de défense des droits humains Human Rights Watch n’est pas convaincue. Elle publie un enregistrement du chanteur dans lequel il affirme avoir été contraint de plaider coupable de crimes qu’il n’avait pas commis dans une autre affaire, en 2014… qu’il était menacé et qu’il craignait pour sa vie.

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Lewis Mudge, responsable de l’ONG Human Rights Watch pour l’Afrique centrale, joint par Jeanne Richard, demande une enquête indépendante avec la participation d’experts étrangers, notamment le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires.

« Pour nous, à Human Rights Watch, il y a toujours beaucoup de questions : le fait que Kizito Mihigo ait été détenu illégalement en 2014, le fait qu’il ait été battu en face de Dan Munyuza, qui est à la tête de la Police nationale au Rwanda. Et selon son procès en 2014-2015, Kizito Mihigo a plaidé coupable, mais il a dit à Human Rights Watch qu’il était forcé de plaider coupable, qu’il lui a été donné au choix. Ils lui ont dit : soit, vous allez plaider coupable ou vous pouvez même être tué. Nous, on considère que cette confession est une confession forcée, déclare Lewis Mudge. Donc il y a beaucoup d’aspects sur son dossier, qui n’est pas très clair, et on continue de demander une enquête crédible et transparente ».

L'enquête de Human Right Watch

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