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Au Nigeria, de nombreux civils «pris en otages» par des jihadistes

Un véhicule du groupe jihadiste Iswap, récupéré par l'armée nigériane lors d'une opération anti-terroriste.
Un véhicule du groupe jihadiste Iswap, récupéré par l'armée nigériane lors d'une opération anti-terroriste. AFP Photo/AUDU MARTE
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Des combattants présumés du groupe Etat Islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap) ont pris le contrôle de la ville de Kukawa, située au nord-est du pays. Des centaines de civils sont désormais « pris en otage », selon une milice civile locale

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Selon Babakura Kolo, le chef d'une milice civile locale, mardi soir « des "terroristes" d'Iswap, l'État islamique en Afrique de l'Ouest, ont pris le contrôle de la ville de Kukawa dans la région du lac Tchad ». Toujours selon cette source, « des centaines de civils auraient été pris en otages » par les combattants du groupe présumé.

Une source sécuritaire a rajouté que des avions de combat avaient été déployés de Maiduguri, la capitale de l'État du Borno, pour « s'occuper de la situation ».

Habituellement, le groupe Iswap cible surtout des camps militaires ou des convois de l’armée. Cette fois, l’invasion de la ville de Kukawa « présente un enjeu stratégique » selon le spécialiste Vincent Foucher. Puisque la ville ouvre un accès au lac Tchad, une zone essentielle pour l’Iswap, tant d’un point de vue tactique qu’économique.

Tout juste rentrés d'un camp de déplacés

L’attaque de Kukawa pourrait surtout être un message adressé aux autorités nigérianes, afin de dissuader leurs tentatives de reconquête du territoire. Vincent Foucher estime que « cette action très visible » fait suite « au rapatriement de populations » initié par le gouverneur de Borno, afin de désengorger les camps de réfugiés.

Après deux années à vivre dans un camp, les habitants de la ville venaient de rejoindre leurs foyers début août, sous escorte militaire. Ces familles espéraient reprendre la culture de leurs terres, elles sont désormais aux mains des insurgés, toujours bien présents dans la zone.

Une zone où l'État islamique en Afrique de l'Ouest mène donc de nombreuses attaques notamment contre l'armée nigériane, et a tué des centaines, voire des milliers de soldats. Le groupe contrôle également de nombreuses villes moyennes et de villages. Des milliers de civils vivent sous l'emprise du groupe. 

►À lire aussi : Nigeria: cinq humanitaires assassinés par un groupe jihadiste

Envoyer un signal fort

En s'attaquant une nouvelle fois à Kukawa, la branche ouest-africaine de l'État islamique envoie plusieurs signaux forts. Un premier à l'armée nigériane pour lui signifier que son organisation en « supercamp » n’est pas le meilleur des remparts.

Les attaques frontales menées par des insurgés mobiles et déterminés font des dégâts alors que le regroupement de plusieurs unités de défense était censé marquer la supériorité des militaires du Nigeria. Dans ce raid, ISWAP aurait encore dérobé des armes. Un butin qui pourrait servir au groupe armé dans de futurs attaques.

Le deuxième signal serait à destination du gouverneur de l'État du Borno. Babagana Zulum a fait du retour des déplacés internes une des priorités majeures de son mandat. Il exprime désormais à haute voix sa volonté de fermer progressivement les camps de Maiduguri d'ici fin 2021. Son objectif : zéro déplacé dans la capitale du Borno et surtout le retour de centaines de milliers de fermiers et de pêcheurs dans leur communauté d'origine.

Cette spectaculaire attaque menée mardi dernier en fin d'après-midi à Kukawa va certainement refroidir les candidatures aux programmes de réinstallation soutenus et financés par l'Etat du Borno, rapporte notre correspondant Moïse Gomis.

Enfin, le dernier signal serait à destination du président Muhammadu Buhari. Après 11 ans d'insurrection, Boko Haram est loin d'être vaincu. Et ses cellules sont toujours actives sur le pourtour du Lac Tchad et ailleurs dans l'Etat du Borno.

Une autre attaque revendiquée officiellement par l’Iswap a également eu lieu mardi à Magumeri. Elle a été repoussée par l’armée nigériane, mais les insurgés ont eu le temps de mettre à sac une partie de la ville et de mettre le feu à un hôpital.

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