Marée noire à Maurice: Madagascar prêt à apporter son aide

Le vraquier japonais MV Wakashio échoué sur un récif sur la côte de Maurice s'est brisé en deux, le 15 août 2020.
Le vraquier japonais MV Wakashio échoué sur un récif sur la côte de Maurice s'est brisé en deux, le 15 août 2020. Fabien Dubessay / AFP

Le 25 juillet dernier, le vraquier Wakashio transportant fioul et huile lourde, heurtait un récif corallien au large de l’île Maurice. Samedi 15 août, l’épave du navire japonais s’est brisée en deux, déversant alors des centaines de litres d’hydrocarbures dans les eaux mauriciennes. Plusieurs États ont proposé leur aide pour lutter contre la pollution marine. Madagascar, qui a proposé ses services le jour même de l’échouage, n’a pas encore reçu de validation officielle pour prêter main forte, mais continue de se tenir prêt.

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Avec notre correspondante à Antananarivo, Sarah Tétaud

« On est prêts pour aider l’Ile Maurice vu nos expériences, notre expertise et notre matériel. » Par ces mots, Damy Ratolonjanahary, le directeur général de l’Olep, l’Organe de lutte contre l’événement de pollution marine - un organisme rattaché au ministère de l’Environnement-, réaffirme sa main tendue à l’endroit de l’île sœur.

En 2014, un tanker s’était échoué au large de Diego Suarez, dans le nord de l’île. Le pays avait réussi à éviter la catastrophe, grâce entre autres, aux dotations répétées de matériel effectuées depuis quinze ans par la Banque mondiale. Ce matériel est aujourd’hui disséminé dans une quinzaine de villes côtières, à commencer par les grands ports de l’île.

« Les autorités mauriciennes ont sollicité l’appui des pays voisins pour 200 boudins absorbants et 25 rouleaux absorbants. Et on a, ici à Madagascar, 461 boudins absorbants et 47 rouleaux absorbants. Donc on a des stocks. On attend la demande d’aide officielle. »

Mais justement, la saisine tarde à venir. Depuis que la quantité de pétrole déversée a dépassé les 200T (à la date du 19 août, on estime à 1000 T environ la quantité qui s’est répandue en mer), la gestion de la marée noire n’est plus pilotée à l’échelle du pays mais de manière régionale. La coopération internationale a donc été déclenchée. C’est désormais le CRCO, le Centre régional de coordination des opérations basé aux Seychelles, qui gère les interventions sur place. Pour l’instant, les discussions n’ont eu lieu que de manière officieuse.

Baomiavotse Vahinala Raharinirina, la ministre de l’Environnement, souhaite réaffirmer, elle, le positionnement de la Grande Île dans la sous-région. « Madagascar a aussi des choses à apporter aux autres îles. Il faut qu’on arrête de croire que Madagascar est un pays systématiquement assisté. On a de la compétence, on a de l’expertise, et on peut aussi dépanner en termes de matériel. » En cas d’acceptation de l’aide proposée, le transport de matériel par bateau devrait prendre 3 jours.

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