Afrique du Sud: violentes manifestations après la mort d'un adolescent à Eldorado Park

Des habitants jettent des pierres sur la police sud-africaine après la mort d'un adolescent à Eldorado Park, le 27 août 2020.
Des habitants jettent des pierres sur la police sud-africaine après la mort d'un adolescent à Eldorado Park, le 27 août 2020. Michele Spatari / AFP

De violentes manifestations se sont déroulées ce jeudi dans le township métis d’Eldorado Park, au sud-ouest de Johannesburg. La colère a éclaté suite à la mort, la nuit dernière, de Nathaniel Julius, un adolescent de 16 ans atteint de trisomie 21. Il a été supposément tué par les forces de l’ordre lors d’une patrouille. La police n’a pas pour l’instant donné plus de précisions sur les circonstances de sa mort. Les habitants ont attaqué un poste de police, pour protester, ce qui s’est traduit par des affrontements.

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Avec notre correspondante à Johannesburg, Claire Bargelès

La route principale est bloquée par des restes de pneus brûlés. Toute la journée, les jets de pierre ont fait face aux balles en caoutchouc.

Majiet Amien, l’un des représentants de la communauté, comprend la colère des manifestants. « Un enfant a été tué hier soir, un enfant qui était handicapé, c’est ce qui nous met le plus en colère, déclare-t-il. Et le policier qui lui a tiré dessus est bien connu au sein de notre communauté. C’est pour ça que vous voyez tout le monde se soulever suite à cette affaire. »

Nathaniel Julius, 16 ans, est décédé à l’hôpital. Selon sa famille, il était sorti pour acheter des biscuits mercredi 26 août au soir. La police lui aurait tiré dessus, lors d’une patrouille, alors qu’il était incapable de répondre aux questions posées.

Odile ne veut pas que l’affaire reste impunie. « Je suis choquée et il faut que l’on lutte contre ce genre de choses, et apparemment ce ne serait pas la première fois que la police ne soit pas poursuivie après la mort d’un innocent, affirme-t-elle. Normalement, on doit avoir peur des gangsters, mais maintenant on doit avoir peur de ceux qui sont censés nous protéger. Alors comment on fait ? On demande simplement justice. »

Pour Kyle, il est important que sa communauté métisse soit aussi reconnue comme victime des violences policières qui touchent le pays. « Nous, les quartiers métis, nous sommes délaissés, estime-t-il. Parce que souvent, on garde le silence. S’ils peuvent faire ça à ce jeune homme, qu’est-ce qu’ils vont nous faire à nous ? Ils auront le droit de nous tirer dessus comme ça ? Non, il faut que l’on mette un terme à tout ça aujourd’hui. »

Au moins trois policiers et plusieurs manifestants ont été blessés. Les autorités appellent les habitants à laisser l’enquête de l’IPID, la police des polices sud-africaine, suivre son cours.

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